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Sunday, February 19, 2017

Citation du 20 février 2017

On voulait, il y a peu de jours, me porter en triomphe, et maintenant on crie dans les rues : La grande trahison du Comte de Mirabeau… Je n'avais pas besoin de cette leçon pour savoir qu'il est peu de distance du Capitole à la Roche Tarpéienne.
Mirabeau  

Petit rappel : lorsqu’on dit que la roche tarpéienne est près du Capitole on pense à l’histoire antique du héros qu’on célébrait au Capitole, alors qu’à quelques  pas de là on précipitait les traitres du haut de la Roche Tarpéienne. (Lire ici)


Rome : la colline du Capitole et le promontoire de la roche Tarpéienne

Bien sûr on pense aujourd’hui à la mésaventure de monsieur Fillon, qui se voyait déjà élu triomphalement et qui pour cette raison prenait des poses avantageuses – et qui se voit découronné brutalement par la révélation de ses escroqueries. Décidément, l’histoire a parfois d’étranges bégaiement : je veux dire que certains événements se répètent indéfiniment comme si l’histoire n’avait pas de prise sur eux. Ainsi de la versatilité de l’opinion publique à la quelle répond la rouerie des élus populaires.

- Mais attendez : ces « ratées » vont peut être plus loin que vous ne le pensez.
Lisons l’explication concernant l’origine de notre expression-du-jour : « les soldats … ayant défait les Gaulois (qui assiégeaient le Capitole), Manlius (héros qui fut à l’origine de cette victoire) fut couvert d'honneurs. Mais peu de temps après il fut accusé de soutenir les revendications des pauvres et fut jeté de la Roche Tarpéienne. »
Etrange injustice : alors que Manlius fut jeté du haut de la roche tarpéienne pour avoir voulu défendre les pauvres, monsieur Fillon est aujourd’hui déshonoré pour avoir voulu s’enrichir (possiblement au détriment des pauvres).
- Tu défends les pauvres, on te jette ; tu défends les riches, on te jette aussi.
Alors, on se demande : comment éviter la roche Tarpéienne ?
Je ne sais pas : je ne suis pas un homme politique. Mais en tout cas, ça a l’air bigrement compliqué ; suffisamment pour que toute action politique se limite à l’effort d’éviter la roche tarpéienne ?

La suite à demain – si vous le voulez bien…

Sunday, June 12, 2011

Citation du 13 juin 2011

« Il est peu de distance du Capitole à la roche Tarpéïenne. »

Mirabeau – 22 mai 1790, à l’Assemblée nationale (1)

Pour philosopher sur « l’affaire DSK » j’avais préféré, il y a quelques jours, évoquer l’image de la Roue de la Fortune. N’aurait-il pas été plus simple de rappeler la roche Tarpeïenne ? Après tout, je l’avais déjà signalée dans un Post de janvier 2010.

… C’est que justement en relisant le Post en question, je n’ai pas été très fier de moi. Considérant le cas de Jacques Chirac (mais j’aurais pu aussi citer Silvio Berlusconi) comme un exemple révélateur, je concluais ainsi : «nous réservons la roche tarpéienne à ceux qui sont encore dans le Capitole, ce dont ils se moquent bien, s’étant, comme on vient de le dire, déjà pourvu de l’arsenal juridique pour s’en protéger. » : avouez qu’on aurait pu être plus lucide.

Si je reprends le sujet aujourd’hui, c’est que je constate que mon erreur tenait aux bornes de mon propos : je ne pensais qu’en termes de mœurs politiques françaises. Et c’est vrai : si notre homme (DSK) avait commis cet acte en France, que se serait-il passé - ou pas passé ? On commence à apprendre aujourd’hui que ces « viols » – ou tentatives de viols – ont été déjà commis tant par notre homme que par d’autres élus de la Nation, sans que jamais l’affaire ne perce au grand jour, sans que jamais la Roche Tarpeïenne ne se trouve sur leur chemin.

Seulement, voilà : aux USA la chose ne passe pas et la puissance politique ne protège de rien.

Nous qui nous réclamons des idéaux de la Grande Révolution française, il faut admette que nous n’avons pas gardé la coutume de guillotiner nos rois.

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(1) « Et moi aussi, on voulait, il y a peu de jours, me porter en triomphe, et maintenant on crie : LA GRANDE TRAHISON DU COMTE DE MIRABEAU... Je n'avais pas besoin de cette leçon pour savoir qu'il est peu de distance du Capitole à la roche Tarpéïenne. » (Moniteur du 24 mai)

Thursday, August 09, 2007

Citation du 10 août 2007

Les hommes sont comme les lapins, ils s’attrapent par les oreilles.
Mirabeau
Pour éviter toute équivoque, je préviens que je ne parle pas aux malotrus qui imaginent qu’on attrape les hommes par une autre excroissance de leur anatomie : nous qui sommes poètes et philosophes, nous resterons entre nous.
Dirons-nous que l’originalité de ce qui passe par les oreilles, c’est d’atteindre - comme le fait par exemple la parole - aussi bien l’intellect que l’affectif ? Sans doute, mais ce n’est pas là l’essentiel : supposez qu’au lieu de lire mon texte vous m’entendiez le lire : y aurait-il une différence pour votre intellect ? En tout cas elle devrait être très faible, limitée à l’impact de la présence de la voix qui faciliterait ou au contraire disperserait l’attention. Bref : tout ce qui passe par les oreilles mais qui pourrait aussi bien passer par les yeux ne nous intéresse pas.
Ce qui compte c’est donc le pouvoir exercé par certains sons sur les centres cérébraux concernant les émotions. La musique est la première concernée, et on sait que Platon la considérait comme un élément clé de l’éducation des citoyens parce qu’elle gouverne l’affectivité et donc l’action. C’est d’ailleurs pour la même raison qu’il voulait instituer une censure sur la musique.
Un pouvoir encore plus grand est celui de la voix : certaines voix sont irritantes (1) ; d’autres subjuguent ou charment. Les grands comédiens et plus encore les tragédiens ont ce pouvoir : qu’on se rappelle de Delphine Seyrig, qu’on pense à Fanny Ardent, ou à Philippe Noiret (je suis sûr que vous avez une liste bien plus longue que cela).
Mais l’erreur serait de séparer la musique et la voix. C’est ici le lieu de dire que le langage humain est fait de sonorités dont la signification excède leur rôle discriminant dans un système phonologique donné. Si les voix dont nous avons parlé ne sont pas celles de chanteurs, il n’en reste pas moins qu’elles font chanter la parole à travers les sonorités de la langue; si d’aventure il s’agit d’une langue étrangère que vous ne comprenez pas, vous ressentirez cette séduction sans l’attribuer aux significations. Je ne dis pas qu’il n’y a pas une perte véritable ; je dis qu’il reste quelque chose, et qu’une page de Nietzsche - ou de Goethe évidemment - lue par une belle voix, alors que vous ne comprenez pas l’allemand, ce n’est pas rien.
(1) Il est remarquable que les concours de recrutement des enseignants ne comporte pas une épreuve orale d’oral : parmi tous ceux qui sont reçus, il y en a qui ont une voix à faire fuir même les corbeaux. Plaignez les pauvres élèves qui les subissent !