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Sunday, October 22, 2017

Citation du 23 octobre 2017

Puisque la femme revendique ses droits, ne lui en reconnaissons qu'un seul : le droit de plaire.
Guy De Maupassant
Avant que l’émotion soulevée par les dénonciations de harcèlement sexuel par les femmes ne soit retombée, la Citation-du-jour en profite pour stimuler le débat : combien de femmes sont-elles hostiles à cet acharnement à opposer le désir des hommes et … celui des femmes ?

#BalanceTonPorc – Maupassant ? Quel porc ! Embastillez-moi ça, et fissa ! De toute façon il mourra par où il a péché : syphilitique ! Bien fait !
#lePhilosopheduJour – Calmons-nous un peu. Et réfléchissons. Déjà, admettons que les femmes ont le droit de choisir comment et à qui elles vont tenter de plaire. Elles seront alors plus libres qu’une femme musulmane, et plus heureuse qu’en étant de simples fashions victimes.
Il est vrai que Maupassant refuse aux femmes tout autre droit : mais en leur donnant celui de plaire ne leur a-t-il pas bon gré mal gré accordé beaucoup plus qu'on ne serait tenté de le croire ?
#BalanceTonPorc – Tiens ? Voilà l’avocat des cochons qui parle ! Dites-moi cher Maitre, ne seriez-vous pas entrain de nous dire qu’une femme sans homme c’est comme un enfant livré à lui-même ? Que si elle doit être la fille de son père pour qu’il la protège, et l’enfant de Dieu pour connaître le Chemin du ciel, elle doit aussi être aguichante pour avoir le mari qui lui apportera la chance de devenir mère ?
#lePhilosopheduJour – Mais réfléchissez un peu, chère Balançeuse. Le droit de plaire c’est certes celui de subjuguer, de mettre à genou, mais c’est aussi celui de garder à distance. Car là est le point : plaire ce n’est pas appeler au viol. La femme qui porte un décolleté sait fort bien qu’elle va attirer le mâle. Mais elle doit aussi savoir le maintenir à une distance respectueuse, un peu comme les hérissons de Schopenhauer qui se rapprochent pour se tenir chaud mais pas au point de se piquer les uns les autres. (1)
#BalanceTonPorc – Remballe ta dialectique, philosophe de mes fesses. Si pour toi, le seul droit de la femme est de plaire, c’est quand même bien aux hommes qu’elle doit plaire, pas aux vieillards cacochymes, pas autres femmes, pas à elle-même.
#lePhilosopheduJour – Là nous sommes d’accord. Mais dites-moi, chère Balançeuse n’est-ce pas là ce que vos consœurs désirent ?
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(1) Cf. La fable des hérissons – À lire ici

Wednesday, May 22, 2013

Citation du 23 mai 2013



Oh ! les premiers baisers à travers la voilette !
François Coppée (1)
Bonjour – Vous êtes encore là les jeunes ? Alors je reprends mon étude du baiser.
Rappelez-vous : il s’agissait de savoir quel type de baiser peut posséder ce pouvoir de transcender la caresse en produisant la fusion immatérielle de deux âmes.
Coupant court aux scabreuses fantaisies qu’on a évoquées hier, Maupassant cite François Coppée : le baiser dont nous parlons peut fort bien être simplement un baiser donné à travers la voilette.
A travers la voilette… Bizarre quand même : mes tentatives pour imaginer la scène échouent totalement. Heureusement, Maupassant à une expérience de la chose qui lui permet de voir et de sentir ce genre de baiser et, en nous ouvrant les portes de son imagination, il nous montre comment ce baiser peut bien être comme nous le disions hier « l’absolu de la caresse ».
Poursuivons donc la lecture entamée hier de Maupassant (c’est toujours tante Collette qui parle) :
Réfléchis. Il fait froid dehors. La jeune femme a marché vite, la voilette est toute mouillée par son souffle refroidi. Des gouttelettes d'eau brillent dans les mailles de dentelle noire. L'amant se précipite et colle ses lèvres ardentes à cette vapeur de poumons liquéfiée. Le voile humide, qui déteint et porte la saveur ignoble des colorations chimiques, pénètre dans la bouche du jeune homme, mouille sa moustache. Il ne goûte nullement aux lèvres de la bien-aimée, il ne goûte que la teinture de cette dentelle trempée d'haleine froide.
    Et pourtant nous nous écrions toutes, comme le poète :
Oh ! les premiers baisers à travers la voilette !
La puissance érotique du premier baiser sublime tout – même le dégout de la voilette imbibée de vapeur de poumons liquéfiée…
Bref : si on laisse de côté ce détail, alors on a le tableau de Magritte, et on comprend pourquoi il représente un comble de l’érotisme (2).

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(1) François Coppée… Que ceux qui confondraient encore le poète de la fin du 19ème siècle et le fougueux politicien d’aujourd’hui le sachent : la prochaine fois ils auront à recopier quelques-uns de ses poèmes : punition sévère, mais juste.
Quant à savoir qui était François Coppée (1842-1908), je me contenterai de reproduire cet extrait de sa biographie par l’Académie française :
François Coppée a prononcé le discours sur les prix de vertu le 16 novembre 1893. En 1898, il entra dans la politique militante à l'occasion du procès célèbre [de Dreyfus] ; il défendit par la plume et par la parole, avec une généreuse ardeur, les institutions militaires, religieuses et sociales qui étaient attaquées avec violence, et il fut l'un des fondateurs de la Ligue de la Patrie Française dont on le nomma président d'honneur.
... Après tout, notre Jean-François est peut-être un descendant du poète ?   
(2) Comme on le voit sur cette image, on aurait éventuellement là un usage sensuel du niqab – sauf que l’érotisme exige des trou-trous dans les vêtements.

Tuesday, May 21, 2013

Citation du 22 mai 2013



Une seule caresse donne cette sensation profonde, immatérielle des deux êtres ne faisant plus qu'un, c'est le baiser.
Guy de Maupassant – Le baiser (à lire ici)
Maupassant imagine une jeune fille qui vient d’être fâcheusement plaquée par son amant et qui demande conseil à sa vieille tante Colette : comment faire pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas ?
Et la réponse sera : tu en as trop donné de ces baisers par les quels les femmes exercent leur ascendant sur les hommes. Tu as détruit ton pouvoir par excès de prodigalité.

- Chers jeunes gens, le saviez-vous ? Lorsqu’autrefois deux amoureux surveillés de près par des parents sévères parvenaient à s’isoler dans le retrait d’une porte cochère, ils s’embrassaient longuement, profondément, pulsionnellement.
Ces baisers que la tolérance moderne a banalisés en les rendant faciles et proliférants avaient une puissance que vous n’imaginez peut-être plus. Ecoutez donc la tante Colette dont les propos sont ici rapportés par Guy de Maupassant (je synthétise) :
Le baiser, c’est l’absolu de la caresse. C’est une caresse parce qu’elle est contact externe, mais en même temps c’est une caresse fusionnelle et donc indépassable.
Faut-il le dire ? A la différence du rapport sexuel qui peut bien être fusionnel mais qui n’est plus une caresse – et qui n’est surtout pas immatériel – le baiser seul, sans en avoir la réalité matérielle, a la capacité de donner la sensation profonde de cette fusion,
Mais de quels baisers parle donc la Tante Colette ? Du baiser dans le cou ? De celui qu’on donne sur la peau blanche à l’intérieur du poignet ? Du baiser profond lèvre contre lèvres – la langue enroulée dans la langue ?
Ah !… Chers jeunes gens ! Vous haussez les épaules comme s’il allait de soi que le baiser fusionnel soit forcément un patin, une pelle, une galoche, ̶  un baiser lingual, quoi…
Non, n’est-ce pas : ce serait trop banal.
- Un cran en-dessous ? On aurait alors ça :

Affiche officielle du festival de Cannes 2013

Un baiser de cinéma ? Peut-être, mais pas sûr…
--> Pour savoir ce qu’il en est réellement, lisez La Citation du jour de demain.