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Friday, August 07, 2015

Citation du 8 aout 2015

Le changement est la loi de la vie. Et ceux qui ne regardent que dans le passé ou le présent sont certains de rater le futur.
John Fitzgerald Kennedy (Citation complète en annexe)
Les réactionnaires, ceux qui veulent que rien ne change, voire même qui voudraient effacer quelques siècles passés pour revenir à une époque bénie de l’Histoire de la Nation font bien sûr partie des gens dont parle Kennedy : ceux qui vont rater le futur.
Mais il n’y a pas qu’eux – Kennedy a gouverné en pleine guerre froide, lorsque se déchainaient les idéologies qui prétendaient énoncer les lois de transformation de l’humanité. Ce sont eux, les marxistes qui prétendaient que la Révolution prolétarienne était en marche, que l’avenir ne pourra jamais inventer rien d’autre que la lutte des classes, et que la loi qui  gouverne l’histoire depuis des millénaires sera à l’œuvre jusqu’à ce qu’enfin elle accouche de la société sans classe et qu’elle se retire alors sur la pointe des pieds.
Ces gens-là sont partis dans les poubelles de l’histoire, car l’avenir n’est pas écrit, il n’est même pas préfiguré par le présent : il faut l’inventer totalement parce qu’il est « ce qui n’a jamais existé ». Bénissons les utopistes : ce sont eux les visionnaires de l’avenir.

Autre possibilité, même erreur : « …toutes les choses sont éternellement semblables et recommençantes, et il n'importe pas qu'on voie les mêmes choses pendant cent ou deux cents ans ou pendant un temps infini » disait Marc-Aurèle. Il se trompait et voilà pourquoi aujourd’hui on regrette si fort de quitter ce monde…
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Annexe

« Les problèmes du monde ne peuvent pas êtres résolus par les sceptiques ou les cyniques dont l'horizon est limité par les réalités évidentes. Nous avons besoin d'hommes capables d'imaginer ce qui n'a jamais existé (...) Le changement est la loi de la vie. Et ceux qui ne regardent que dans le passé ou le présent sont certains de rater le futur (…). »  J.F. Kennedy

Friday, November 21, 2014

Citation du 22 novembre 2014

Ce n'est pas que j'aie peur de la mort, je veux juste ne pas être là quand ça arrivera.
Woody Allen – Newsweek, 1975

- On n’a pas peur de mourir, on a seulement peur de ne plus vivre.
- La mort, on ne la connaît que par les évènements qui la provoquent ou par les phénomènes qui l’accompagnent. Que se passe-t-il dans la conscience qui s’éteint ? Mystère.
- Derrière la plaisanterie de Woddy Allen se cache une certitude : ce que je sais la mort vient toujours de la mort des autres, celle qui frappe à côté de moi, que je vois et que je ressens comme pouvant être la mienne, mais qui justement ne l’est pas. Parler vraiment de notre mort, c’est impossible, parce que, voyez-vous, Woody Allen a raison : quand elle arrivera, nous ne serons pas là pour en parler.

Tout cela est bel et bon, mais on fait fi d’une réalité : celle du « vieillir ». Vieillir, c’est avoir un commerce rapproché avec le trépas ; c’est apercevoir l’horizon ultime de la vie se rapprocher, le champs de l’avenir rétrécir ; c’est se dire : les prochaines élections présidentielles – oui, je vais m’y intéresser, parce que j’imagine que je serai là pour voter. Par contre les suivantes – en 2022 – alors là je ne les sens pas du tout…Spontanément, les vieillards se mettent en mode « court-terme » : ils vivent au jour-le-jour car c’est là que le sol leur paraît solide sous leurs pas.
Oui, mais demain ? Comment se débarrasser de cette angoissante interrogation : où serai-je demain ? Serai-je seulement ?
--> Pour domestiquer l’avenir, le court-terme est insuffisant : il faut le neutraliser, faire en sorte qu’on n’en ait plus besoin.
Chaque matin, s’occuper des petits enfants qui partent à l’école, boire un petit verre de vin à midi et taper le carton avec les copains l’après-midi : à chaque jour les mêmes joies, les mêmes petits bonheurs. Ainsi, à chaque jour nouveau, c’est un jour ancien qui revient : l’avenir ne sert plus à rien – bon débarras !
C’est le sempiternel retour du même : ça pourrait durer des siècles comme ça, et c’est ce qui nous console de devoir mourir bientôt. C’est ce que nous disait Marc-Aurèle :

« Il faut donc se souvenir … que toutes les choses sont éternellement semblables et recommençantes et qu’il n’importe pas qu’on voie les mêmes choses pendant cent ou deux cents ans ou pendant un temps infini » (Marc Aurèle – Cf. le texte ici)

Sunday, May 08, 2011

Citation du 8 mai 2011

Et souviens-toi encore que chacun ne vit que le présent, cet infiniment petit.

Marc Aurèle

Le présent, cet infiniment petit

Posez donc cette question à un philosophe :

- Dis-moi, Tonton Philo, combien de temps dure le présent ?

Vous allez le voir changer de couleur. Car c’est une des questions parmi les plus redoutables, que les philosophes depuis le moyen-âge au moins agitent sans arriver à en sortir vraiment. Que le présent dure longtemps ou pas, les disputes, elles durent indéfiniment.

Vous en voulez une preuve ? La voici :

La phrase de Marc-Aurèle est déjà un paradoxe : car si le présent n’est qu’un infinitésimal instant, dans la mesure où c’est « l’espace » de notre vie, alors elle est aussi infinitésimale que lui. D’où vient alors la conscience ?

Réponse : la conscience suppose la mémoire et le projet, autrement dit la durée qui enjambe allégrement les limites de l’instant aussi bien du côté du passé que de celui du futur.

Oui, mais conscience n’est pas l’Etre ; elle n’existe que dans le rapport aux autres et au monde. La durée est-elle alors autre chose qu’une illusion ?

Et voilà : la dispute est partie. Je prends bien sûr le terme de dispute au sens médiéval : disputatio (1), discussion académique entre docteurs et étudiants.

Pourquoi en parler ? Parce que je considère ça comme un révélateur : ou bien ça vous excite et alors vous avez la fibre philosophe. Ou bien ça vous casse prodigieusement les pieds et alors vous pouvez vous intéresser sans remords à autre chose.

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(1) Mot du jour – Disputatio : A l'origine, la disputatio consistait en une discussion organisée selon un schéma dialectique sous la forme d'un débat oral entre plusieurs interlocuteurs, en général devant un auditoire et parfois en public. (Lire la suite ici)