Monday, November 23, 2015
Citation du 24 novembre 2015
Saturday, April 25, 2015
Citation du 26 avril 2015
Wednesday, May 22, 2013
Citation du 23 mai 2013
... Après tout, notre Jean-François est peut-être un descendant du poète ?
Sunday, May 13, 2012
Citation du 14 mai 2012
Thursday, October 07, 2010
Citation du 8 octobre 2010
Une combinaison de la femme et du poisson est une sirène, et la forme d'une sirène se fait aisément accepter. Mais une vivante sirène est-elle possible?
Valéry – Variété II, 1929
La sirène, monstre fabuleux et symbole hermétique, sert à caractériser l'union du soufre naissant, qui est notre poisson, et du mercure commun, appelé vierge
Fulcanelli, Demeures philosophales,
Homère et les écrivains classiques ne nous disent rien de l'aspect des Sirènes. Ce sont leurs commentateurs qui nous apprennent qu'elles ont un corps d'oiseau et une tête de femme
Lavedan
Magritte III
Que savons-nous des Sirènes ? Mélange de femme et d’oiseau ? Ou de femme et de poisson ? A moins que ce ne soit plutôt de poisson et de vierge ?
Bon. On ne va pas compliquer à l’excès : tenons-nous en à la tradition connue : la Sirène est un mélange de femme et de poisson.
Mais dans quelle proportion et de quelle façon ? Tant qu’à faire d’avoir une femme coupée en deux (1) autant savoir si c’est le haut ou le bas qui doit rester féminin.
Et en effet : dans la femme que préférez-vous ? Le haut ou le bas ?
Je ne doute pas que chacun ait déjà la réponse mais préfère la garder dans les replis secrets de son âme…
A moins que comme les Danois, vous préfériez ne pas choisir et vous offrir une Petite Sirène avec deux queues et donc encore deux jambes…
La Petite Sirène – Port de Copenhague
--------------------------------
(1) La femme coupée en deux…. Nous avions eu déjà l’occasion d’évoquer le film de Chabrol, et l’affiche de Miss.Tic
Wednesday, October 06, 2010
Citation du 7 octobre 2010
O le désespoir de Pygmalion, qui aurait pu créer une statue et qui ne fit qu’une femme!
Alfred Jarry – L’Amour absolu
Magritte II
A force de seriner tout le temps les mêmes anecdotes, on finit par s’en lasser et par les raconter à l’envers, histoire de les renouveler.
Ainsi de Pygmalion et de sa statue Galatée, qui obtint de Vénus la grâce de la métamorphoser en femme véritable à la quelle il s’unit.
- Par exemple on peut imaginer que Pygmalion soit la statue et Galatée le sculpteur :
Paul Delvaux - Pygmalion
- Ou alors, on pourrait dire que c’est plutôt le contraire dont il aurait fallu rêver – que Pygmalion créât une statue mais que la grâce qu’il demandât fut qu’elle restât de marbre ? C’est du moins ce que suggère notre citation-du-jour.
Mais Jarry passe un peu à côté de l’essentiel. Galatée n’est pas une femme comme une autre : c’est une femme qui est juste à la mesure du désir de l’homme. Autrement dit, elle est un pur fantasme, un rêve qui aspire à devenir réalité.
Seulement voilà : le fantasme est un désir, et comme tel il ne peut jamais s’inscrire tout à fait dans la réalité. Que Pygmalion ne trouve que dans sa statue la femme qu’il peut aimer d’un amour fou s’explique non seulement parce que les femmes de Chypre sont des abominables salopes (voir ici), mais encore parce que seule l’œuvre d’art peut donner consistance à son désir-de-femme.
Oui mais, l’œuvre d’art est aussi une métaphore de la distorsion qui sépare le fantasme de la réalité : Galatée reste de marbre, tant qu’Aphrodite ne vient pas l’animer.
C’est ainsi que Magritte représente le mythe de Pygmalion en saisissant non pas le moment où Galatée s’anime, mais celui où Pygmalion la crée.
Exit la déesse, et exit surtout le miracle de la métamorphose – d’où le titre de son œuvre : La tentation de l’impossible.
René Magritte – La tentation de l’impossible
Tuesday, October 05, 2010
Citation du 6 octobre 2010
Tant qu'il y aura des yeux reflétant les yeux qui les regardent ; tant qu'une lèvre répondra en soupirant à la lèvre qui soupire ; tant que deux âmes pourront se confondre dans un baiser, il y aura de la poésie !
Gustavo Adolfo Bécquer – La Poésie est éternelle
Tableau de Magritte : Les amants (1928)
Magritte I
Ceux qui lisent de temps à autre ce Blog le savent : je n’aime rien tant que donner dans la poésie bien sirupeuse, bien sucrée, pour en souiller le rose bonbon… Reste de stade anal mal rééduqué ? Peut-être.
Mais avouez que Gustavo Adolfo Bécquer, il y va fort. Passe encore pour la définition de la poésie – mais pour l’exemple donné : le baiser, fusion de deux âmes, ça fait beaucoup…
D’où, ce tableau de Magritte qu’on dirait fait exprès pour répliquer à notre poète.
Laissons de côté l’aspect contradictoire de ce baiser qui ne peut fusionner quoique ce soit, parce qu’il est contraint de filtrer au travers de deux voiles.
On peut donner deux interprétations de ce tableau :
- la première se contente de dire que les baisers – surtout les baisers à la colombe – sont absolument anti-hygiéniques.
Un exemple de cette interprétation dans ce souvenir personnel : un jour j’ai été accidenté, jambe cassée et opérée en urgence. L’anesthésie dans ce cas consiste en une péridurale qui endort la jambe, mais laisse parfaitement conscient de tout le reste.
Une infirmière arrive en cours d’opération : elle a le masque de tissu réglementaire en milieu stérile. En entrant elle rencontre une copine infirmière comme elle, masquée comme elle : elles se font la bise, ou plutôt le masque de l’une embrasse le masque de l’autre. Un baiser parfaitement aseptique – nul doute qu’on pourrait suggérer ça à notre ministre de la santé qui se retrouve avec un stock inimaginable de masques anti-grippe.
- La seconde interprétation est plus sérieuse. Elle prend l’exact contre-pied de notre citation. Dans le baiser en apparence le plus fusionnel on ne trouve que l’assouvissement du désir qui ne cherche dans la bouche baisée qu’un objet de jouissance, et qui ne livre rien de l’âme du « baiseur ». Dans le baiser, on reste donc dans l’anonymat de la pulsion, ce que symbolisent ces voiles qui masquent les visages des amants de Magritte.
D’ailleurs ce genre de baiser ne se donne que les yeux fermés.
Sunday, July 19, 2009
Citation du 20 juillet 2009
L'esclavage humain a atteint son point culminant à notre époque sous forme de travail librement salarié.
Bernard Shaw - Bréviaire d'un révolutionnaire
Magritte – Pour faire diminuer la durée du travail – Projet d’affiche pour la Centrale des ouvriers du textile de Belgique, 1938.
Ne comptez pas sur moi pour revenir sur les 35 heures et sur le dimanche chômé : j’ai déjà beaucoup donné, et ça finirait pas lasser.
Non, je préfère la plongée dans le passé historique, ce lointain passé dont nous avons du mal à croire qu’il ait jamais existé et qui revendiquait l’avenir radieux des congés payés et de la diminution du temps de travail.
C’était un temps où les gens croyaient qu’ils étaient sur terre pour autre chose que le travail, et qu’une vie de farniente, de pétanque et de chaise longue serait le bonheur sur terre.
Magritte a réalisé cette affiche en 1938, alors qu’il était encore membre du parti communiste belge. Comme beaucoup de surréalistes, il croyait alors que le Parti communiste allait faire la révolution dont il rêvait.
Ils n’avaient pas tout à fait compris et l’information qu’en l’URSS, on fêtait les héros du travail, Stakhanov et compagnie, ne les avait pas encore touchés.
Ce qu’ils n’avaient pas compris – que nous avons fort bien intégré – c’est que l’important n’est pas de travailler plus ou moins, mais de savoir pourquoi on travaille.
Nous on sait : c’est pour gagner plus.
Merci Président !
Thursday, July 16, 2009
Citation du 17 juillet 2009
Cette évocation de la nuit et du jour me semble douée du pouvoir de nous surprendre et de nous enchanter. J’appelle ce pouvoir la poésie.
René Magritte – Cité par le Musée Magritte de Bruxelles
- Ci-contre : Magritte: L’empire des lumières (1954)
Pour ceux qui croient que peinture figurative et réalisme vont de paire, l’œuvre de Magritte ne peut qu’être salutaire. Si la peinture devait reproduire ce que la réalité nous présente, elle n’aurait réellement aucun intérêt.
Contre cette croyance, Magritte et son fameux secret. La peinture a pour rôle de faire éclater, de rendre évident le secret des choses. Non pas pour le dissiper. Mais bien au contraire pour nous faire prendre conscience de son existence.
Mais souvent, comme ici, ce secret qui recèle la poésie du monde résulte de la juxtaposition de ce qui ne se voit que séparément. Ainsi de la maison plongée dans la nuit sous le ciel de midi.
- De quel secret s’agit-il ? Si on pouvait le dire ce ne serait plus un secret. Et d’ailleurs Magritte refuse obstinément de commenter ses propres toiles (1).
Le philosophe (2) prendra le risque de dire que le secret, c’est la réalité elle-même débarrassée de son vêtement utilitaire. L’artiste est celui qui dira que la porte jaune n’a pas la même taille selon la manière dont elle est éclairée, qu’il voit le dessus de la table vertical sans que la bouteille posée dessus ne tombe ; et que son imagination lui permet de coller ainsi la maison nocturne sous le ciel bleu.
Platon méprisait la peinture la considérant comme le reflet d’une apparence. Le peu de réalité conservé par l’apparence disparaît dans sa représentation. C’est ce que la modernité refuse : il y a dans l’apparence une réalité supérieure qui se donne à voir pour qui sait voir. C’est ce qu’on a appelé la surréalité.
(1) Notez que c’est le propre de la plupart des artistes, qui à l’encontre des romanciers, refusent d’expliquer leurs œuvres, laissant les critiques prendre ce risque.
(2) Nous pensons à Bergson.
Sunday, October 22, 2006
Citation du 22 octobre 2006
San Antonio est la Maître de la métaphore, ainsi qu’en témoigne cette citation. C’est une des raisons de son succès, et de l’intérêt des universitaires pour son œuvre.
Il y a plusieurs critères qui permettent d’évaluer une métaphore, et nous prendrons notre inspiration chez Paul Ricœur (1).
Ce qui frappe avant tout dans cette métaphore, c’est son caractère insolite : l’écart entre les deux termes de la comparaison est tel que nous ne pourrions imaginer la fin de la phrase si jamais il venait à manquer. C’est là une caractéristique de ce qu’on peut appeler une métaphore vive, par opposition à la métaphore morte. La force de la métaphore, c’est d’être surprenante dans la mesure où elle est neuve, inouïe au sens propre du terme ; mieux : c’est d’être enchâssée dans le texte comme si elle était née avec lui. Pas de métaphore vive sans l’acte créateur qui manifeste la présence d’un auteur, de sa vie et de son horizon ; et pas de métaphore vive sans changement, évolution, construction d’un contexte qui l’amène et qui l’exige . La métaphore morte en revanche est celle qui provient de la tradition, de la culture ; bref, c’est un cliché. A la limite on ne sait même plus qu’il s’agit d’une métaphore (ex : le pied de la chaise).
Alors on peut à présent dégager les limites de la métaphore chez San Antonio. On a l’impression que l’insolite prime dans le choix de celle-ci, comme si c’était une fin en soi. Or le rôle de la métaphore est de créer un contexte neuf qui alimente ou crée du sens (1). La «salle de bains de général en retraite » ne fait pas sens ici, c’est le moins qu’on puisse dire ; on serait même plutôt du coté du procédé des surréalistes, du genre : le verre d’eau et la parapluie associé à la phrase « Les vacances de Hegel » (2).
Bien entendu il nous manque pour en juger véritablement le contexte sans le quel aucune métaphore ne peut être véritablement jugée : il faudra nous reporter à l’œuvre.
L’intérêt véritable des citations n’est-il pas de nous conduire à lire les œuvres dont elles sont extraites ?
(1) Paul Ricœur - La métaphore vive - Le point - Seuil
(2) Voir commentaire de l’œuvre de Magritte du 19 mars.