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Friday, September 15, 2017

Citation du 16 septembre 2017

Au mal une fois fait il n'est pas de remède.
Homère
Faire le mal, c’est d’abord vouloir le mal, et cette volonté mauvaise, comme n’importe quel acte s’inscrit dans la chronologie du monde, un peu comme un appel téléphonique dans le journal d’appel de votre Smartphone. À tout jamais il restera vrai que vous avez commis cette action, ou tout au moins que vous avez voulu qu’elle soit, que vous avez par exemple souhaité la mort d’un être humain : Crève donc !
Comment donc ? Ma victime n’est elle pas en droit de me pardonner ? Et ce pardon n’efface-t-il pas ma faute ? Lorsque je demande à Dieu pardon pour les offenses que j’ai pu commettre à l’égard de mes semblables, Lui au moins ne me pardonne-t-il pas ? Ne suis-je pas absous par la confession de mes péchés ?
Je ne suis pas en mesure de commenter le pardon divin : c’est l’acte d’un Etre incompréhensible et inimaginable. En revanche je peux me demander : qu’est-ce qui se passe quand je pardonne à un être que j’aime – à ma femme, à mes enfants, à mes amis ?
Dans tous ces cas, le pardon ne permet-il pas de remonter le temps, de faire comme si l’acte mauvais n’avait pas été commis ? Oui, sans doute dans la mesure où le pardon signifie : « Je t’accorde mon pardon car je t’aime toujours autant que si tu ne m’avais pas trahis ». Pardonner ce n’est pas oublier, c’est considérer le mal comme n’ayant pas entamé la relation que nous avons avec le fautif.
Car, on le voit bien, ça n’efface rien. Considérer le pardon comme un oubli (« avec le temps… ») est une faute d’interprétation ; si le pardon est moral, c’est qu’il respecte toujours les valeurs contre toutes les agression, y compris contre celles de mes amis. « Ce que tu as fait est mal, mais tu reste mon ami ».

La suite à demain… Si vous le voulez bien !

Thursday, September 14, 2017

Citation du 15 septembre 2017

Beauté, raison, bien dire ; on voit qu'en un même homme, les dieux presque jamais ne mettent tous les charmes.

Homère – Odyssée



Qu’on ne prépare pas tout de suite des tomates et les œufs pourris à me jeter à la face : si je prends le portrait de notre Président comme source de réflexion aujourd’hui, c’est parce que, la fascination parfois exercée par ce monsieur tient au fait qu’il apparait comme un homme chéri des dieux, cumulant la beauté et l’intelligence.
Ce cumul qu’on refuse souvent aux femmes n’est pas non  plus insignifiant chez les hommes ; on voudrait bien que leur beauté soit celle d’un fat – ou d’un efféminé. Mais avec le Président, ça ne marche pas : certains s’y sont essayés sans succès (1). On comprend que faute d’arriver à enlaidir le Président, on se soit acharné à montrer que ses propos sont ceux d’un sot – d’un naïf – d’un niais : c’est quand même plus facile à faire.
Bon : je ne suis pas entrain de dire que la politique consiste à tout souiller – encore que. Mais simplement que le propos d’Homère reste dans tous les esprits : on refuse d’admette que des hommes – comme des femmes – puissent être beaux et intelligents. Je me suis souvent demandé pourquoi. J’en ai conclu que la beauté fascine et bloque les ressources de l’intellect. Aurait-on besoin de laideur pour apprécier l’intelligence ?
Sans doute : qu’on se rappelle Socrate.
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1) On se rappelle qu’on a essayé de l’accoupler à Mathieu Gallet, également homme de pouvoir (= PDG de radio-France) et d’une beauté à couper le souffle.



Friday, October 09, 2015

Citation du 10 octobre 2015

L'union fait la force
Proverbe
L'union fait la force : oui, mais la force de qui ?
Alain
L'union même de la médiocrité fait la force.
Homère – Iliade
Oui, l’union fait la force : en témoignent ces deux faits divers : « A Dublin en Ireland et puis aussi à Perth en Australie, deux personnes coincées l’une sous une rame de métro l’autre sous un tram, ont été dégagées grâce à l’action conjuguée de dizaines de personnes alors présentes : deux accidents si éloignés l’un de l’autre et pourtant similaires ». Notre site (référencé) affirme en effet que ces deux actions sont le résultat d’une seule et même passion présente dans ces deux pays : le rugby et ses mêlées. « La seule question qui demeure et de savoir quelle équipe a le meilleur « fighting spirit » et le meilleur impact à la mêlée pour faire bouger les choses. » Bref, s’il s’agit de soulever un tram ou de pousser un métro, il faut et il suffit d’avoir le bon impact dans la formation de la mêlée.

--> Réponse à Alain : l’union fait la force de ceux qui veulent faire bouger les choses, sans demander il est vrai quelles sont les choses qu’on ne fera pas bouger comme ça. On peut affirmer que ce qui peut bouger doit être homogène à ce qui fait bouger : la force physique fait bouger ce qui a une masse physique, et non ce qui relève de la pensée.
--> Du coup on arrive à une précision concernant la citation d’Homère : il est des médiocrités qui peuvent s’additionner, comme celles des bras et des jambes qui poussent dans le même sens. Mais tout n’est pas de ce registre : il est des choses qui ne peuvent bouger sous l’impact de la force physique. Il en est même certaines qui restent toujours aussi faibles malgré la force de la multitude qui les soutient.
            - Multitude qui a cru que le soleil tournait autour de la terre.
            - Multitude qui pensait que la moisson serait meilleure si on faisait des sacrifices aux dieux.

            - Multitude qui a soutenu que les filles étaient des biens comme les bestiaux de l’étable, dont on pouvait disposer pour les marier selon l’intérêt des pères, ou trousser dans le grenier à foin quand la libido du « bon maît’ » s’éveillait.

Saturday, August 24, 2013

Citation du 25 août 2013



Dans la série Les inventeurs visionnaires – Homère et le GPS
Nous autres Phéaciens ne nous servons pas de pilotes, / et nos vaisseaux n’ont pas de gouvernail comme les autres : / ils devinent tout seuls les pensées, les desseins des hommes, / ils connaissent les bourgs, les terres grasses de partout / et ils franchissent promptement le gouffre de la mer / couverts d’un voile de brouillard : et nous ne craignons pas / qu’ils subissent jamais une avarie ou un naufrage.
Homère – Odyssée
Les Phéaciens bienveillants ramènent Ulysse dans sa patrie, après 10 ans d’errance sur la mer, balloté au grès de la fureur des Dieux. Ils sont les seuls à pouvoir atteindre l’île d’Ithaque parce qu’ils possèdent des navires magiques, des navires qui se gouvernent tout seuls.


Pour accomplir un tel exploit, il faut en effet de la magie : d’une part deviner les désirs des hommes ; d’autre part connaitre les pays capables d’y correspondre (les bourgs et les terres grasses). Enfin, ces bateaux sont capable de s’orienter sur le gouffre de la mer / couverts d’un voile de brouillard.
Alors bien sûr il est impossible même aujourd’hui accomplir la totalité de ce miracle. Imaginez que votre GPS devine vos désirs secrets, tels que : « Trouver un restaurant 3 étoiles à 15 euros le repas » ; ou bien : « Une plage pleine de belles petites topless » ; ou encore : « trouver l’endroit où je pourrai faire la sieste sans être dérangé. » : impossible.
Mais quand même : comme les nefs magiques des Phéaciens, notre GPS (maritime) nous permet de franchir promptement le gouffre de la mer / couverts d’un voile de brouillard : et nous ne craignons pas / [que nos navires] subissent jamais une avarie ou un naufrage.
Navigation sans visibilité, chemin le plus rapide, exempt d’accident : tout cela nos voitures savent maintenant le faire, aidées peut-être dans un bref avenir par la guidance des Google-cars.
L’étape suivante, ainsi que nous le montre Homère, sera quand nous n’aurons même plus à dire ce que sont nos désirs, parce que nos machines les devineront avant nous. Cela, Coca-Cola et Apple y travaillent déjà sans doute. Vous en doutez ? Alors, pourquoi mon GPS embarqué me donne-t-il systématiquement la position des points de vente Citroën ?

Saturday, September 17, 2011

Citation du 18 septembre 2011

A mauvais payeur, mauvaises garanties.

Homère – Odyssée

Homère… N’était-il pas grec ? Les mauvais payeurs, il devait s’y connaitre, n’est-ce pas ?

Trêve de plaisanterie et d’allusions, allons droit au but : ce qu’on doit surveiller, selon Homère, ce n’est pas seulement la dette, mais aussi la garantie de la dette.

Et aujourd’hui ? On s’indigne que la Finlande exige, pour participer au Fonds Européen de soutien à la Grèce, que celle-ci dépose une garantie qui serait sans doute prélevé… sur l’emprunt lui-même. Du genre « Je vous prête 1000 euros, mais vous déposez une somme équivalente dans mes coffres pour en garantir le remboursement. »

Ridicule ? Oui, bien sûr, mais alors, quelle garantie exiger ?

Une réponse bien connue se trouve dans le Marchand de Venise de Shakespeare, où l’on voit l’usurier Shylock exiger d’Antonio, son emprunteur, la garantie qu’il se laissera prélever une livre de chair s’il ne lui rembourse pas son argent.

L’idée est bizarre ? Mais quand même pas si bizarre que ça : outre les expressions telles que « Ça coute un bras » qu’on trouve en ce moment dans les publicités (1), rappelons-nous de la contrainte par corps qui a eu cours bien longtemps, et au terme de laquelle les mauvais payeurs étaient emprisonnés, et dans certains cas devaient même travailler pour leur créancier.

Seulement, voilà : la prison pour dette, ça fait longtemps qu’on l’a supprimée, et même que, quand on l’a fait, on a eu l’impression que c’était un grand progrès de la démocratie.

Reste donc la possibilité pour l’emprunteur d’hypothéquer ses biens s’il en a, et de mourir de faim s’il n’en a pas.

Ce qui nous étonne aujourd’hui, c’est de voir qu’il peut se passer au niveau des Etats ce qui se passe depuis longtemps au niveau des individus ; les huissiers du FMI de la BCE et de l’UE vont frapper à la porte de la Grèce :

- Payez-nous ou bien vendez quelques une de vos îles de la mer Egée – à moins que vous ne préfériez nous laisser emporter le Parthénon !

…Rêvons un peu : si Shakespeare était encore de ce monde il ajouterait :

- Ou alors, livrez-nous 150 vierges d’ici décembre, et autant si vous ne payez toujours pas en février prochain.

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(1) Références : les amateurs de pub trouveront leur contentement ici, ceux de la sémantique ici, et les inconditionnels de l’humour alsacien .

Thursday, December 18, 2008

Citation du 19 décembre 2008


Nous ne pouvons tous régner ici, nous, Achéens. Il n’est pas bon, le commandement multiple. Qu’il y ait un seul commandant, un seul roi, celui qui a reçu ce lot du fils de Cronos à l’esprit retors.

Homère – Iliade, chant II, 204-207 (Traduction Lasserre – en grec ici)

Mais les êtres ne veulent pas être mal gouvernés :

Le commandement de plusieurs n’est pas bon : qu’il n’y ait qu’un seul chef !

Aristote – Métaphysique (livre lambda, 1076a 5)

D’avoir plusieurs seigneurs aucun bien n’y voi ;

Qu’un, sans plus, soit le maître et qu’un seul soit le roi,

ce disait Ulysse en Homère, parlant en public.

La Boétie – Discours de la servitude volontaire (Contr’Un)

Qu’Aristote utilise cette citation pour clore le livre lambda de la Métaphysique, et que La Boétie l’utilise à son tour pour ouvrir son Discours dit assez son importance.

Mais nous l’aurions reconnu sans cela, nous qui, aux prises avec les soubresauts de notre démocratie, assistons aux efforts redoublés du pouvoir exécutif pour prendre le contrôle des autres pouvoirs. Face aux disputes (stériles ?) du débat républicain, l’autorité d’un seul prenant ses décisions depuis son bureau (de l’Elysée ?) n’est-elle pas meilleure, comme le disait déjà le prudent Ulysse ?

Chacun répondra en son âme et conscience, à condition d’avoir d’abord tranché la question que voici : Comment concevoir le bon gouvernement ?

Nous avons déjà fait référence au livre d’Agamben, Le règne et la gloire, qui consacre un chapitre entier à ce passage d’Aristote et à la question du pouvoir. Résumons hardiment : l’excellence d’un régime politique peut venir soit du chef qui le dirige, soit de l’harmonie existant entre les citoyens qui leur permet de se gouverner par eux-mêmes. Mais on peut aussi, selon Aristote, faire la synthèse de ces deux pôles : qu’il y ait et un chef, qui règne sans gouverner, et un ordre dans la société qui gouverne sans régner. (1)

A ce moment, c’est l’excellence du chef qui donne au système politique la direction à suivre, qui sert de modèle à imiter, ou plutôt de valeur à rejoindre.

C’est que tout cela en effet ne se comprend que par la finalité : la vie politique ne s’organise qu’en fonction d’un but qu’on appelle le bien public. Une démocratie se comprend comme une organisation politique dans la quelle chacun remplit la fonction qu’il est naturellement disposé à remplir, mais qui se définit par ce but commun. Vous serez médecin ou cantonnier selon vos envies et dispositions, à condition que la collectivité ait besoin de médecins et de cantonniers. Mais si vous êtes enclin à collectionner les papillons, et que le pays n’en ait aucun besoin, vous ne pourrez en faire qu’un hobby.

Le rôle du chef est alors de définir ce bien public, de sorte que l’organisation politique n’ait plus qu’à suivre le cap.

C’est dans ce sens qu’on a pu dire : Le roi règne, mais il ne gouverne pas.


(1) Libre à vous de croire que les auteurs de la Constitution de la Vème république se sont inspirés d’Aristote.