Friday, September 15, 2017
Citation du 16 septembre 2017
Thursday, September 14, 2017
Citation du 15 septembre 2017
Sans doute : qu’on se rappelle Socrate.
1) On se rappelle qu’on a essayé de l’accoupler à Mathieu Gallet, également homme de pouvoir (= PDG de radio-France) et d’une beauté à couper le souffle.
Friday, October 09, 2015
Citation du 10 octobre 2015
Saturday, August 24, 2013
Citation du 25 août 2013
Saturday, September 17, 2011
Citation du 18 septembre 2011
A mauvais payeur, mauvaises garanties.
Homère – Odyssée
Homère… N’était-il pas grec ? Les mauvais payeurs, il devait s’y connaitre, n’est-ce pas ?
Trêve de plaisanterie et d’allusions, allons droit au but : ce qu’on doit surveiller, selon Homère, ce n’est pas seulement la dette, mais aussi la garantie de la dette.
Et aujourd’hui ? On s’indigne que la Finlande exige, pour participer au Fonds Européen de soutien à la Grèce, que celle-ci dépose une garantie qui serait sans doute prélevé… sur l’emprunt lui-même. Du genre « Je vous prête 1000 euros, mais vous déposez une somme équivalente dans mes coffres pour en garantir le remboursement. »
Ridicule ? Oui, bien sûr, mais alors, quelle garantie exiger ?
Une réponse bien connue se trouve dans le Marchand de Venise de Shakespeare, où l’on voit l’usurier Shylock exiger d’Antonio, son emprunteur, la garantie qu’il se laissera prélever une livre de chair s’il ne lui rembourse pas son argent.
L’idée est bizarre ? Mais quand même pas si bizarre que ça : outre les expressions telles que « Ça coute un bras » qu’on trouve en ce moment dans les publicités (1), rappelons-nous de la contrainte par corps qui a eu cours bien longtemps, et au terme de laquelle les mauvais payeurs étaient emprisonnés, et dans certains cas devaient même travailler pour leur créancier.
Seulement, voilà : la prison pour dette, ça fait longtemps qu’on l’a supprimée, et même que, quand on l’a fait, on a eu l’impression que c’était un grand progrès de la démocratie.
Reste donc la possibilité pour l’emprunteur d’hypothéquer ses biens s’il en a, et de mourir de faim s’il n’en a pas.
Ce qui nous étonne aujourd’hui, c’est de voir qu’il peut se passer au niveau des Etats ce qui se passe depuis longtemps au niveau des individus ; les huissiers du FMI de la BCE et de l’UE vont frapper à la porte de la Grèce :
- Payez-nous ou bien vendez quelques une de vos îles de la mer Egée – à moins que vous ne préfériez nous laisser emporter le Parthénon !
…Rêvons un peu : si Shakespeare était encore de ce monde il ajouterait :
- Ou alors, livrez-nous 150 vierges d’ici décembre, et autant si vous ne payez toujours pas en février prochain.
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(1) Références : les amateurs de pub trouveront leur contentement ici, ceux de la sémantique ici, et les inconditionnels de l’humour alsacien là.
Thursday, December 18, 2008
Citation du 19 décembre 2008
Nous ne pouvons tous régner ici, nous, Achéens. Il n’est pas bon, le commandement multiple. Qu’il y ait un seul commandant, un seul roi, celui qui a reçu ce lot du fils de Cronos à l’esprit retors.
Homère – Iliade, chant II, 204-207 (Traduction Lasserre – en grec ici)
Mais les êtres ne veulent pas être mal gouvernés :
Le commandement de plusieurs n’est pas bon : qu’il n’y ait qu’un seul chef !
Aristote – Métaphysique (livre lambda, 1076a 5)
D’avoir plusieurs seigneurs aucun bien n’y voi ;
Qu’un, sans plus, soit le maître et qu’un seul soit le roi,
ce disait Ulysse en Homère, parlant en public.
La Boétie – Discours de la servitude volontaire (Contr’Un)
Qu’Aristote utilise cette citation pour clore le livre lambda de la Métaphysique, et que La Boétie l’utilise à son tour pour ouvrir son Discours dit assez son importance.
Mais nous l’aurions reconnu sans cela, nous qui, aux prises avec les soubresauts de notre démocratie, assistons aux efforts redoublés du pouvoir exécutif pour prendre le contrôle des autres pouvoirs. Face aux disputes (stériles ?) du débat républicain, l’autorité d’un seul prenant ses décisions depuis son bureau (de l’Elysée ?) n’est-elle pas meilleure, comme le disait déjà le prudent Ulysse ?
Chacun répondra en son âme et conscience, à condition d’avoir d’abord tranché la question que voici : Comment concevoir le bon gouvernement ?
Nous avons déjà fait référence au livre d’Agamben, Le règne et la gloire, qui consacre un chapitre entier à ce passage d’Aristote et à la question du pouvoir. Résumons hardiment : l’excellence d’un régime politique peut venir soit du chef qui le dirige, soit de l’harmonie existant entre les citoyens qui leur permet de se gouverner par eux-mêmes. Mais on peut aussi, selon Aristote, faire la synthèse de ces deux pôles : qu’il y ait et un chef, qui règne sans gouverner, et un ordre dans la société qui gouverne sans régner. (1)
A ce moment, c’est l’excellence du chef qui donne au système politique la direction à suivre, qui sert de modèle à imiter, ou plutôt de valeur à rejoindre.
C’est que tout cela en effet ne se comprend que par la finalité : la vie politique ne s’organise qu’en fonction d’un but qu’on appelle le bien public. Une démocratie se comprend comme une organisation politique dans la quelle chacun remplit la fonction qu’il est naturellement disposé à remplir, mais qui se définit par ce but commun. Vous serez médecin ou cantonnier selon vos envies et dispositions, à condition que la collectivité ait besoin de médecins et de cantonniers. Mais si vous êtes enclin à collectionner les papillons, et que le pays n’en ait aucun besoin, vous ne pourrez en faire qu’un hobby.
Le rôle du chef est alors de définir ce bien public, de sorte que l’organisation politique n’ait plus qu’à suivre le cap.
C’est dans ce sens qu’on a pu dire : Le roi règne, mais il ne gouverne pas.
(1) Libre à vous de croire que les auteurs de la Constitution de la Vème république se sont inspirés d’Aristote.