Tuesday, July 22, 2014
Citation du 23 juillet 2014
Sunday, July 06, 2014
Citation du 7 juillet 2014
Sunday, June 29, 2014
Citation du 30 juin 2014
Alors: comionneur le jiour - et danseur de ballet le soir ? Non, bien sûr ; mais qui doit payer ?
Saturday, November 06, 2010
Citation du 7 novembre 2010
Friday, November 05, 2010
Citation du 6 novembre 2010
Lire c'est toujours interpréter.
Qu’est-ce donc qu’interpréter ? Si on consulte un dictionnaire, on voit qu’il s’agit d’un verbe qui peut avoir plusieurs signification – dont l’une justement, indique qu’interpréter c’est donner du sens à quelque signe, et donc aussi à un texte. Quand on lit on donne du sens à un texte… Monsieur de La Palice aurait su dire ça.
On pourrait aussi en dire autant d’une interprétation musicale, en ajoutant que, pour que l’œuvre existe, il est nécessaire d’y insuffler la vie et la sensibilité d’un artiste exécutant.
On arrive alors au problème soulevé par l’interprétation : il est souligné par la formule artiste exécutant. La subjectivité de l’interprète est à la fois nécessaire pour qu’existe l’œuvre musicale, et en même temps elle doit s’effacer devant la volonté de l’auteur, ne pas prétendre se substituer à lui, délivrer quelque chose qui, sans aller jusqu’à refaire ce que l’auteur a fait (1), lui donne sens et consistance.
C’est quand on se tourne vers les œuvres du passé que le problème se pose réellement : faut-il accepter de moderniser une œuvre pour que son contact soit plus facile – voire même pour délivrer un sens dont on l’estimait grosse et que l’auteur lui-même n’aurait pas pu – pas su ? – délivrer ?
Ça peut consister à jouer Bach sur un Steinway, ou à donner des équivalents pour les jeux de mots d’Aristophane (traduire Lysistrata par Démobilisette par exemple – et certains metteurs en scène de théâtre sont des spécialistes de ces transformations).
Revenons au livre. Le lecteur est dans la position de l’interprète musical, il prête sa vie, son intelligence à l’auteur, il vibre d’amour avec ses héros, ou bien il construit patiemment un système de concepts avec Socrate. Le texte, c’est du papier, et rien de plus. La vie du texte, sa vérité, ne commence qu’avec le lecteur et la lecture ne commence qu’avec sa participation. Mais l’interprétation d’un texte, comme celle du musicien, doit s’effacer devant la volonté de l’auteur, et par un effet de cercle, revenir sur celle-ci et faire coïncider la compréhension avec l’intention du texte.
Interpréter un texte, c’est nécessaire…pour le comprendre.
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(1) L’enregistrement phonographique nous a permis de vérifier que les enregistrements des compositeurs (on a l’enregistrement de presque tout Stravinsky dirigé par Stravinsky) n’épuisent pas les possibilités interprétatives.
Monday, March 17, 2008
Citation du 18 mars 2008
Dieu est le possible qui réside au-delà de l'actuel. Dieu n'existe pas. Dieu est une création car l'éternité ne suffit pas.
Henry Miller - Lettres à Anaïs Nin
Trois thèses = trois raisons de brûler Henri Miller comme hérétique.
1 - Dieu est le possible qui réside au-delà de l'actuel.
Le possible est le futur ; c’est le bourgeon par rapport à la feuille, la fleur par rapport au fruit ; la graine par rapport à la plante. Bergson a critiqué cette conception considérant que le possible était déjà du réel. Si Dieu est le possible, c’est donc parce qu’il se tient au-delà du réel, qu’il y a quelque chose qu’on appellerait aujourd’hui un « dessein intelligent ». Donc, Henry Miller n’est pas si hérétique que ça ; tout au plus doit on dire que pour lui la Création est encore entrain de se faire, et qu’un projet divin est à l’œuvre. Mais que disait d’autre Theillard de Chardin (1)?
2 - Dieu n'existe pas. Dieu est une création
Dieu n'existe pas : dans le contexte, cette sentence n’a de sens que si on entend le fait d’exister comme le fait d’être compris dans des limites établies et fixes. Dieu est une création, parce qu’il est en devenir, on devrait même dire « Dieu est la création ». Car dire que Dieu, être absolument infini, est une création est absurde, puisqu’il lui faudrait alors un Créateur, qui serait en fait le véritable Dieu. Reste donc que Henry Miller soit panthéiste comme Spinoza : Dieu est la nature, et donc si la nature est en devenir, Dieu l’est aussi
3 - Dieu est une création car l'éternité ne suffit pas.
l'éternité ne suffit pas. Ce qui veut dire que Dieu peut être sempiternel - entendez qu’il ne finira jamais d’exister - mais qu’il n’est pas éternel en ce sens qu’il n’est pas immuable. En effet, si Dieu est en création continue (2), il ne peut-être immuable.
Reste que l’affirmation que l’éternité ne suffit pas est bien intéressante : on dirait que Henry Miller considère que l’éternité est trop étroite pour Dieu. Comme on l’a vu plus haut, il ne conçoit pas qu’un Etre infiniment infini ne produise pas en permanence des effets nouveaux.
Pourquoi donc Dieu se serait-il reposé le 7ème jour ?
(1) Il est vrai que Theillard a été mis à l’index par le Vatican et qu’il y est resté longtemps.
(2) Bien entendu, cette création est une autocréation - Self made God.
Saturday, August 12, 2006
Citation du 13 août 2006
Quand la merde vaudra de l'or, le cul des pauvres ne leur appartiendra plus.
Henry Miller
Le Challenge du jour : trouver, sur une pareille citation, quelque chose à dire qui soit intelligent, culturel et convenable pour les lecteurs bien éduqués qui fréquentent ce Blog.
La solution consistera non pas à appeler à la rescousse la psychanalyse et l’identification fantasmée entre les excréments et l’or (= trop facile !) ; mais plutôt à évoquer l’ART !
Et par exemple, ceci :"Merde d'artiste", oeuvre de Piero Manzoni
(Merde d'artiste, "contenu net gr. 30, conservée au naturel,
produite et mise en boîte au mois de mai 1961,
produced by Piero Manzoni, made in Italy",
vendue au gramme selon la cotation journalière de l'or!).
Voilà, c’est d’une simplicité biblique. « La merde vaut de l’or » lorsqu’elle devient objet d’art ; et elle est objet d’art lorsqu’elle est prise dans un « geste d’artiste » cette sorte d’« installation » dont Duchamp a été l’initiateur avec ses ready-mades.
Maintenant, produire une telle « matière » est-elle un privilège réservé, comme l’affirme Henry Miller à une élite ? La question est directement liée à cette autre question : l’artiste est-il un être d’exception, ou bien chacun de nous peut-il être artiste s’il le veut ?
Il y a des tonnes d’essais sur cette question, je ne vais pas en rajouter. Je me contenterai de vous proposer une petite expérience : pour savoir si vous êtes un artiste, concoctez une petite boite comme celle de Manzoni (oui, avec le même contenu) ; et allez sur le marché la vendre.
Si vous y arrivez, alors oui, vous êtes à n’en pas douter un vrai artiste.