Sunday, December 23, 2012
Citation du 24 décembre 2012
Saturday, October 31, 2009
Citation du 1er novembre 2009
L’oubli est le vrai linceul des morts.
George Sand
Voilà une belle pensée pour un jour de Toussaint : apprenez-la par cœur et n’oubliez pas les chrysanthèmes pour fleurir les tombes de vos chers disparus.
Quoique… Aujourd’hui, si ça de trouve, vous n’avez même plus de tombe à fleurir.
Parce que, avec les nouvelles coutumes telles que la crémation et la dispersion des cendres, ça risque de ne pas paraître très naturel si vous allez fleurir une pelouse du stade de foot ou une piste du champ de course – à moins qu’il ne faille balancer vos fleurs dans la rivière…
Plus de tombe – plus de traces : le mort est définitivement rayé de la surface de terre, même sous forme d’inscription. Plus rien.
Mais en réalité, les morts sont toujours là, dans nos cœurs, dans nos mémoires, ils survivent tels qu’ils furent de leur vivant – bons ou mauvais.
Les Grecs admettaient deux types d’immortalité : l’immortalité de l’âme qui n’était pas forcément très heureuse ; et l’immortalité de la renommée, qu’il fallait cultiver de son vivant, par ses œuvres – ou, au minimum, en faisant les enfants qui auraient pour devoir de perpétuer le souvenir du défunt.
George Sand a donc raison : c’est le souvenir qui constitue la vraie immortalité, du moins ce qui s’en rapproche le plus.
Ce qui est en train de changer dans notre époque, c’est le rite qui associe les morts aux vivants. Il est devenu décent de mourir sans sépulture. Certes, les funérailles continuent d’exister, certes il ne s’agit pas d’abandonner le corps du défunt sur une décharge publique. Mais la cérémonie des adieux (pour reprendre l’expression de Sartre) ne s’étend pas au-delà du jour des obsèques, et après, plus de cérémonie, plus de rites. On est dans l’anomie, exactement comme pour toutes sortes d’autres rites (voyez comme on se marie aujourd’hui avec le Pacs, signé à la sauvette dans le bureau du greffier du tribunal).
Monday, September 21, 2009
Citation du 22 septembre 2009
L'automne est le printemps de l'hiver.
Henri de Toulouse-Lautrec
L'automne est un andante mélancolique et gracieux qui prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver.
George Sand – François le Champi
La crise… La grippe A… Le CO2…
Et en plus maintenant, voilà l’automne !
De quoi se flinguer.
Il faut po-si-ti-ver. On vous le dit on vous le répète sur tous les tons.
Oui, mais comment ?
L'automne est le printemps de l'hiver. Pas mal ça. Au moins on va trouver le moyen de survivre en se disant que ça sera pire demain.
Bof… On devrait pouvoir faire mieux.
L'automne est un andante mélancolique et gracieux : voilà, ça c’est mieux. Parce qu’on mobilise les sentiments poétiques directement issus de nos souvenirs musicaux. La mélancolie est belle, elle est source de joie quand elle soulève notre âme dans la tenue des violons. C’est déjà ça.
[L’automne] prépare admirablement le solennel adagio de l'hiver. Voilà maintenant l’hiver ! Non seulement nous pouvons jouir des joies poétiques de l’automne, mais en plus nous allons le faire en espérant en l’avenir. Et ce n’est pas dans le printemps que nous ne connaîtrons que si nous survivons aux rigueurs de l’hiver (et à la grippe A), mais bien en l’hiver lui-même, également sublimé par les splendeurs musicales – de l’adagio cette fois.
Bien sûr si vous n’avez aucune culture musicale classique, vous allez avoir quelques difficultés à survivre (1).
Vous croyez peut-être vous rattraper avec les feuilles mortes ? (2) Erreur, car cette chanson célèbre le passé ; on est donc dans la nostalgie et non dans la jouissance de présent et dans l’attente du futur.
(1) Encore que vous vous rappelez peut-être encore le « célèbre » adagio d’Albinoni. A écouter ici : 9 minutes 54… Rien que du bonheur….
(2) On peut écouter ici la version « exotique » d’Edith Piaf en anglais (avec accent frenchy en prime)Friday, June 29, 2007
Citation du 30 juin 2007
bien compris, l'autre jour, que vous avez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde un souvenir de votre
baiser et je voudrais que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
Affection toute désintéressée et sans cal-
cul. Si vous voulez me voir ainsi
dévoiler, sans aucun artifice mon âme
toute nue, daignez donc me faire une visite
Et nous causerons en amis et en chemin.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère capable de vous offrir l'affection
la plus profonde et la plus étroite
Amitié, en un mot, la meilleure amie
que vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, alors que l'abandon où je
vis est bien long, bien dur et bien souvent
pénible, ami très cher, j'ai le cœur
gros, accourez vite et venez me le
faire oublier. À l'amour, je veux me sou-
mettre entièrement.
Voulez-vous qu'un instant je change de langage
Que ne puis-je, avec vous, goûter le vrai bonheur
Je vous aime, ô ma belle, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire
Avec soin, de mes vers, lisez le premier mot
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.
Nuit peut-être à l'honneur mais répond à ma flamme.
Saturday, March 10, 2007
Citation du 11 mars 2007
Wednesday, March 22, 2006
Citation du 22mars 2006
« Laissez-moi fuir la menteuse et criminelle illusion du bonheur ! Donnez-moi du travail, de la fatigue, de la douleur et de l'enthousiasme. »
George Sand - La comtesse de Rudolstadt
Le bonheur n’est qu’une illusion criminelle. Seules la fatigue et la douleur du labeur sont réelles et souhaitables. C’est clair et net. Mais l’enthousiasme, que vient-il faire là-dedans ?
Supposons que George Sand veuille dire que c’est le travail et lui seul qui apporte non seulement la fatigue et la douleur, mais aussi la joie - et à lire ses écrits autobiographique, nous n’en doutons pas - alors nous comprenons que, pour elle, la création, douloureux enfantement de soi-même comme œuvre, est la source de la seule véritable félicité qu’est l’enthousiasme.
En effet le bonheur paresseux est une illusion pour George Sand : elle n’arrête pas de maudire sa paresseuse de fille, qu’elle accuse pratiquement de se prostituer pour avoir les facilités de la vie mondaine sans effort. Quand à elle, écrivain prolifique, elle avoue pourtant rechigner à se mettre à l’œuvre : comme nous tous (peut-être), elle ne travaille que dans l’urgence. Mais le bonheur du petit matin vient récompenser ses nuits de labeur noyées dans la fumée de son cigare.
Il y a une éthique du travail dont je me défie : faire dire (à un patron comme de juste), comme le fait Pagnol dans un de ses films (La fille du puisatier je crois), qu’un ouvrier qui use une pioche par mois ne peut être un mauvais homme, ça sent l’exploitation à pleine nez. C’est à celui qui travaille de se définir par rapport à son « œuvre » : s’il s’agit justement d’une œuvre alors oui,
L’enthousiasme vient payer les efforts et la sueur.