Friday, August 01, 2014
Citation du 2 août 2014
Monday, September 23, 2013
Citation du 24 septembre 2013
Friday, October 26, 2012
Citation du 27 octobre 2012
Wednesday, October 26, 2011
Citation du 27 octobre 2011
Le général De Gaulle... jouait de toutes les séductions quand il le jugeait utile, façon de mépriser, la pire.
François Mitterrand – La Paille et le Grain (1975)
Ce qui m’intéresse ici ce n’est pas tant qu’on y trouve un De Gaulle séducteur (ce qu’on n’imagine pas, mais enfin, c’est bien normal : le séducteur ne peut agir que masqué).
C’est plutôt cette affirmation : la séduction est une façon de mépriser.
Si le mépris est bien une attitude qui révèle « le peu d’estime qu’on a pour quelqu’un et le manque d’intérêt qu’on a à son égard » (TLF), on peut considérer que l’effort de séduction ne correspond pas à cela – en encore moins que ce soit la pire des façons de mépriser.
De surcroit, la séduction apparait comme l’arme des faibles, celle dont les courtisans usent vis-à-vis de leur seigneur. N’est pas alors un aveu de petitesse que de vouloir séduire ? En tout cas, utiliser ce subterfuge, c’est révéler qu’on est impuissant à passer en force.
Tout cela est vrai mais peut-être tout à fait secondaire. Il s’agit simplement de stratégie : la séduction est un raccourci qui épargne les manœuvres compliquées et qui met à l’abri des conséquences funestes.
Mais de toute façon, la séduction n’est pas seulement l’arme des lâches ; elle est aussi l’arme adaptée à celui qui en est l’objet. Façon de dire : je pourrais le vaincre par la force, mais je ne me bats pas avec un homme tel que lui. Il suffit de le séduire, et c’est tout ce qu’il vaut. Un peu comme les aristocrates qui, lorsqu’ils avaient des comptes à régler avec des roturiers les faisaient bastonner par leurs laquais (comme Voltaire le fut par les gens du chevalier de Rohan).
Séduire, c’est dire le peu d’estime qu’on a pour celui qu’on cherche à enjôler, et si la chose est évidente en amour (qu’on se reporte au cas de Don Juan), De Gaulle nous rappelle ici qu’on ne doit pas oublier qu’elle est aussi avérée en politique.
Tuesday, May 31, 2011
Citation du 1er juin 2011
La pile Wonder ne s’use que si on s’en sert !
Slogan publicitaire (1)
On ne s'use que si on sert, bien qu'on sache que ceux qui ne servent à rien s'usent beaucoup !
François Mitterrand Conférence de presse - 11 Septembre 1991
Laissons tomber le « spécial-nostalgie » à l’égard des réclames d’autre fois, et regardons d’un peu plus près ce que Mitterrand fait du slogan des piles Wonder.
Qu’est-ce donc qui s’use par l’inactivité ?
- Déjà, on peut penser aux effets de la « placardisation » de certains fonctionnaires – à moins que Mitterrand n’ait pensé à la traversée du désert connue par certains hommes politiques. Tous ces gens qui n’existent que par leur fonction – entendons : par leur fonctionnement – cessent progressivement de bénéficier de l’aura que leur apporte leur pouvoir de décision. L’exemple saignant du moment, c’est la chute de DSK, non que l’homme soit mort – heureusement – mais parce que le pouvoir qui était le sien le faisait exister, et que maintenant (et pour le moment du moins) il n’est plus qu’un citoyen comme un autre. Disons qu’il s’est usé d’un seul coup alors que d’autres s’usent en un ou deux ans.
- Mais ne pourrait-on pas en dire autant de l’homme en général ? De notre corps, de notre cerveau, de nos capacités et même de nos relations sociales ?
Et tiens, pourquoi fait-on des mots croisés, pourquoi du Scrabble avec des amis, pourquoi la partie de domino sur le guéridon du bistrot ? Tout ça aussi c’est du « fonctionnement » – pour ne pas s’user trop vite.
----------------------------------
(1) Les piles Wonder se vantaient d’être insensibles à l’humidité qui faisait se décharger spontanément toutes les autres piles.