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Friday, August 01, 2014

Citation du 2 août 2014



Penser aux morts, c'est assurer la survie des gens qu'on a aimés, en attendant que d'autres le fassent pour vous.
François Mitterrand
Retour d’ascenseur…
Oui : aller enterrer dignement le parent ou l’ami, se planter sur sa tombe chaque 1er novembre, ce n’est pas gratuit. On ne le fait que dans l’espoir que les « autres » en feront de même « quand c’est qu’on nous mettra dans le trou » comme le chante Jacques Brel, qui ajoute qu’alors « on sait qu’on prendra soin d’notre âme ».
Bref : on s’arrange entre nous, c’est plus sûr que de compter sur le Père Eternel : à supposer qu’Il existe, rien ne dit qu’il serait bienveillant à notre égard… La survie c’est dans la mémoire des autres – des vivants – qu’il faut la chercher. C’est la renommée qui assure l’immortalité, comme le pensaient déjà les grecs, pour qui Homère était l’exemple à suivre si l’on voulait, si l’on pouvait, devenir immortel. Et nos académiciens se proclament  immortels pour cette même raison.
Mais il faut aussi remarquer que c’est François Mitterrand qui affirme cette vérité : voilà un homme qui a, durant sa vie, fait plein de choses pour qu’on ne l’oublie pas, afin que, pensant aujourd’hui à lui, on lui permette d’exister encore. Bien – Mais qu’a-t-il donc fait ?
« 30 ans après, François Mitterrand n’est pas mort » titre Atlantico, qui ajoute comme preuve qu’en  2010 il a failli en provoquer la faillite de notre système de retraite… Oui, Mitterrand, on pense encore à lui, mais peut-être pas comme il l’aurait voulu.
Quelle trace de son passage sur terre a-t-il voulu laisser ? Peut-être celle du bâtisseur : la Pyramide du Louvres, la grande Arche, la Bibliothèque Nationale, l’Opéra Bastille ?

… Et vous, mes chers lecteurs, dites-moi : quel souvenir voudriez-vous laisser ?
            - Celui de l’époux fidèle ?
            - Celui du Bon Père ?
            - Celui de l’amateur de bons livres, de bonne musique,
            - Celui du Joyeux compagnon ?
Mmmmm…. vous feriez mieux de demander à vos parents, amis etc. de le dire eux-mêmes : après tout, c’est eux qui vont faire le boulot.

Monday, September 23, 2013

Citation du 24 septembre 2013



La démocratie, c'est aussi le droit institutionnel de dire des bêtises.
François Mitterrand
1 – Il existe un droit institutionnel de dire des bêtises, du moins dans la sphère politique, là où règne la démocratie.
On le sait depuis le 18ème siècle : pour obtenir un régime politique juste et fécond, l’alternative est entre le despotisme éclairé et la démocratie. Le premier étant caractérisé par la science, le second l’est par l’opinion et donc par la possibilité de dire des bêtises. Possibilité qui doit être garantie institutionnellement pour résister aux assauts du despotisme, en l’occurrence : la certitude scientifique.
2 – Pourquoi préférer la démocratie qui dit des bêtises au régime du despotisme éclairé genre Frédéric II de Prusse ? La seule raison qui vienne à l’esprit est bien sûr que la science politique n’existe pas, et que la rationalité politique qui en tient lieu peut elle aussi non seulement dire des bêtises, mais aussi en faire puisqu’on suppose qu’elle détient le pouvoir par droit despotique.
3 – On arrive ainsi à la distinction entre dire et faire : il est plus grave de faire des bêtises que d’en dire, et c’est évident, puisqu’en politique ce sont les actes qu’il faut considérer, pas les mots.
Oui, mais : comment empêcher celui qui dit des bêtises de les faire ?
4 – Le principe est le suivant : on ne peut éviter de faire des bêtises qu’à la condition de pouvoir en  dire. Et non pas seulement parce que la parole est un exutoire qui libère les tensions politiques et rend plus facile d’adoption des bonnes décisions, mais aussi parce que le débat met en compétition des opinions dont aucune ne peut se prévaloir de détenir la vérité absolue, celle-ci résultant de la négociation entre les partenaires-citoyens. Rien ne peut garantir que la bêtise soit exclue des décisions prises à la majorité – rien sauf précisément le débat.

Friday, October 26, 2012

Citation du 27 octobre 2012



Comme d'autres le cannabis, on cultive chez nous le vague à l'âme, petite drogue douce et délétère.
François Mitterrand – Ici et maintenant (1980)
Délétère : qui attaque, détruit la santé, qui met la vie en danger dit le TLF. Ce n’est donc pas rien que de se laisser aller au vague à l’âme – en tout cas c’est plus dangereux que de fumer du cannabis
D’abord, notons que François Mitterrand parlait en 1980 – ça ne date pas d’hier ! – la culture domestique du cannabis. Il s’agit donc de rappeler que cette drogue à la différence de toutes les autres peut être produite dans le placard de votre chambre. Un jeune homme bien informé, qui s’est spécialisé dans le « jardinage d’intérieur », me disait récemment que tout le matériel nécessaire pour cette production était en vente libre sur le Net.
Mais il faut aussi observer que selon la comparaison qui est faite ici, le vague à l’âme est également une auto production, un produit endogène, qui ne doit rien au monde extérieur, et donc rien non plus à la réalité économique et sociale.
C’est donc un appel au sursaut, à la lutte et … au vote intelligent que François Mitterrand lance un an avant l’élection qui va le propulser à l’Elysée. Il faut croire que les Français ont entendu son invitation.
… A moins que son élection n’ait été l’effet d’un autre usage de la drogue, cet usage qui fait oublier la réalité, et qui plonge dans les Paradis artificiels de Baudelaire…
Loin de moi l’intention de délivrer un message politique, car à quoi bon ? Aujourd’hui, tout le monde sait que les politiques ne sont que des gestionnaires de crise, et que, comme le Capitaine de tempête ne peut faire tomber le vent, mais seulement manœuvrer le bateau en fonction de lui, ils ne font que suivre l’injonction des marchés et des « PDG-CAC 40 ».
Je ne veux que rappeler que les drogues, tout comme l’alcool, sont faites pour peindre la vie – et les éléphants – en rose, et que ce n’est déjà pas si mal.
A moins d’être le petit copain du fils d’un de ces PDG, mieux vaut une petite fumette que compter le temps qui vous sépare de la prochaine restructuration de votre entreprise.

Wednesday, October 26, 2011

Citation du 27 octobre 2011

Le général De Gaulle... jouait de toutes les séductions quand il le jugeait utile, façon de mépriser, la pire.

François Mitterrand – La Paille et le Grain (1975)

Ce qui m’intéresse ici ce n’est pas tant qu’on y trouve un De Gaulle séducteur (ce qu’on n’imagine pas, mais enfin, c’est bien normal : le séducteur ne peut agir que masqué).

C’est plutôt cette affirmation : la séduction est une façon de mépriser.

Si le mépris est bien une attitude qui révèle « le peu d’estime qu’on a pour quelqu’un et le manque d’intérêt qu’on a à son égard » (TLF), on peut considérer que l’effort de séduction ne correspond pas à cela – en encore moins que ce soit la pire des façons de mépriser.

De surcroit, la séduction apparait comme l’arme des faibles, celle dont les courtisans usent vis-à-vis de leur seigneur. N’est pas alors un aveu de petitesse que de vouloir séduire ? En tout cas, utiliser ce subterfuge, c’est révéler qu’on est impuissant à passer en force.

Tout cela est vrai mais peut-être tout à fait secondaire. Il s’agit simplement de stratégie : la séduction est un raccourci qui épargne les manœuvres compliquées et qui met à l’abri des conséquences funestes.

Mais de toute façon, la séduction n’est pas seulement l’arme des lâches ; elle est aussi l’arme adaptée à celui qui en est l’objet. Façon de dire : je pourrais le vaincre par la force, mais je ne me bats pas avec un homme tel que lui. Il suffit de le séduire, et c’est tout ce qu’il vaut. Un peu comme les aristocrates qui, lorsqu’ils avaient des comptes à régler avec des roturiers les faisaient bastonner par leurs laquais (comme Voltaire le fut par les gens du chevalier de Rohan).

Séduire, c’est dire le peu d’estime qu’on a pour celui qu’on cherche à enjôler, et si la chose est évidente en amour (qu’on se reporte au cas de Don Juan), De Gaulle nous rappelle ici qu’on ne doit pas oublier qu’elle est aussi avérée en politique.

Tuesday, May 31, 2011

Citation du 1er juin 2011


La pile Wonder ne s’use que si on s’en sert !

Slogan publicitaire (1)

On ne s'use que si on sert, bien qu'on sache que ceux qui ne servent à rien s'usent beaucoup !

François Mitterrand Conférence de presse - 11 Septembre 1991

Laissons tomber le « spécial-nostalgie » à l’égard des réclames d’autre fois, et regardons d’un peu plus près ce que Mitterrand fait du slogan des piles Wonder.

Qu’est-ce donc qui s’use par l’inactivité ?

- Déjà, on peut penser aux effets de la « placardisation » de certains fonctionnaires – à moins que Mitterrand n’ait pensé à la traversée du désert connue par certains hommes politiques. Tous ces gens qui n’existent que par leur fonction – entendons : par leur fonctionnement – cessent progressivement de bénéficier de l’aura que leur apporte leur pouvoir de décision. L’exemple saignant du moment, c’est la chute de DSK, non que l’homme soit mort – heureusement – mais parce que le pouvoir qui était le sien le faisait exister, et que maintenant (et pour le moment du moins) il n’est plus qu’un citoyen comme un autre. Disons qu’il s’est usé d’un seul coup alors que d’autres s’usent en un ou deux ans.

- Mais ne pourrait-on pas en dire autant de l’homme en général ? De notre corps, de notre cerveau, de nos capacités et même de nos relations sociales ?

Et tiens, pourquoi fait-on des mots croisés, pourquoi du Scrabble avec des amis, pourquoi la partie de domino sur le guéridon du bistrot ? Tout ça aussi c’est du « fonctionnement » – pour ne pas s’user trop vite.

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(1) Les piles Wonder se vantaient d’être insensibles à l’humidité qui faisait se décharger spontanément toutes les autres piles.