Thursday, August 21, 2014
Citation du 22 août 2014
Wednesday, August 20, 2014
Citation du 21 août 2014
Saturday, August 16, 2014
Citation du 17 août 2014
Sagesse d’Epictète I
Saturday, January 29, 2011
Citation du 30 janvier 2011
Thursday, December 03, 2009
Citation du 4 décembre 2009
Comment il faut s’exercer en face des représentations – Distinguer ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas.
Epictète – Entretiens (III, 7)
Nous devrions méditer les stoïciens, en ce moment où les esprits s’échauffent un peu avec la conférence de Copenhague.
Que disent-ils ? Que nous ne devons nous préoccuper de ce qui dépend de nous (nos décisions, nos représentations, nos sentiments) et pas du tout de ce qui résulte des mécanismes de la nature et des actes des puissants. (1)
Autrement dit, selon eux, il faut se changer soi-même plutôt que de changer quoique ce soit à la nature. Et donc qu’il existe une ligne de démarcation entre nous-mêmes et la nature, et que cette ligne épouse le contour de notre impuissance. Ajoutons même qu’elle nous traverse, puisque notre corps lui-même dépend de la nature.
C’est cette représentation qui sert de fond à notre mentalité, et c’est cette mentalité que la modernité a bousculé : aujourd’hui notre puissance technique a fait bouger cette ligne de démarcation entre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Et c’est là qu’est le problème.
Car enfin : saurions-nous aujourd’hui, répondre à la question d’Epictète ? Saurions-nous dire qu’est-ce qui ne dépend pas de nous ?
- La fonte de la calotte glacière ? C’est nous.
- La disparition des ours blancs, et celle de la forêt amazonienne, la perte de la diversité biologique ? C’est nous.
- La pollution de l’air, de l’eau, les immondices qui s’accumulent – que sais-je encore ?...
On voit donc que malgré tout, nous savons parfaitement répondre à la question d’Epictète. Prenant à contre pied les stoïciens nous affirmons que tout dépend de nous. Voilà que dans un accès d’orgueil dont l’espèce humaine est coutumière, mais qui dépasse cette fois toutes les limites, nous pensons avoir la puissance de tout détruire, la nature, la terre… et même pas en faisant péter le stock d’armes nucléaires. Non.
Simplement en oubliant de fermer le robinet en nous lavant les dents ou en jetant nos piles usagées à la poubelle.
(1) On l’aura compris, les Stoïciens ne sont pas vraiment des révolutionnaires : « accepte les décisions du tyran, puisqu’elles ne dépendent pas de toi. » Bon.
Saturday, September 26, 2009
Citation du 27 septembre 2009
Ne vous étonnez pas que les autres animaux aient à leur disposition tout ce qui est indispensable à la vie du corps, non seulement la nourriture et la boisson, mais le gîte, et qu'ils n'aient pas besoin de chaussures, de tapis, d'habits, tandis que nous, nous en avons besoin. Car il eût été nuisible de créer de pareils besoins chez des êtres qui n'ont pas leur fin en eux-mêmes, mais sont nés pour servir.
Épictète – Entretiens I xvi (De la providence)
Cette citation nous offre une vision très particulière de la providence : alors que dans la Bible, Dieu pourvoit aux besoins de tous les êtres vivants (1), ici il distribue ce sont les besoins qu’il répartit en fonction des capacités (2). Ce qui est une façon assez profane de voir la providence, puisque, selon la Bible, Dieu a un plan global de la Création, la Providence étant la machinerie qui en assure le bon fonctionnement.
Ajoutons que cette citation prend tout son sens dans une société esclavagiste, puisque c’est une définition de l’esclave qui nous est donnée sous couvert d’un examen du cas de l’animal. Car l’esclave comme l’animal (mais est-il autre chose ?) est un être qui n’a pas sa fin (=son but) en lui-même ; il n’existe que pour servir son maître et on peut supposer que quand il en sera incapable on le mettra à mort, comme on envoie la vache tarie à l’équarisseur.
Deux observations, pour prolonger un peu notre lecture :
1ère observation : sachons mesurer nos besoins à l’aune de nos capacités. Inutile de rêver d’une Ferrari rouge si vous êtes smicard.
2ème observation : être libre, c’est disposer de ses propres forces pour réaliser son propre projet. Un peu plus haut, Epictète a critiqué les hommes qui geignent de ne pas avoir ce qu’ils souhaitent au lieu de mobiliser leurs forces – dont ils sont les seuls responsables – pour aller chercher ce qu’ils souhaitent.
Yalla comme dit sœur Emmanuelle…
(1) Et dans le mythe de Prométhée également (voir le Protagoras de Platon)
(2) De fait le paragraphe XVI souligne combien la providence nous est favorable, puisqu’elle a fait que les animaux qui nous servent font par eux-mêmes tout ce qui est nécessaire à leur survie – sans qu’on ait le besoin de s’en occuper.