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Friday, November 30, 2007

Citation du 1er décembre 2007

Jouis de la vie avec la femme que tu aimes,
pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t’a donnés sous le soleil,
pendant tous les jours de ta vanité ;
car c’est ta part dans la vie,
au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil.

Ecclésiaste, 9-9

Jouis de la vie avec la femme que tu aimes….Tel quel, ce précepte est le bienvenu. On va l’appliquer n’en doutez pas.

Oui, mais qu’est-ce qu’on peut en espérer ? Je veux dire, y a-t-il quelque chose au-delà de la jouissance du moment ? C’est là que l’Ecclésiaste nous attend. Car tout cela n’est que vanité (1), et dès le début il nous en a averti : « Vanité des vanités, Tout n’est que vanité » (Cf. Post du 27 août 2006)

La part qui est la nôtre dans la vie, se répartit entre deux pôles : le travail et la jouissance. Mais gardons-nous de prendre au sérieux l’un comme l’autre. Car la vie qui les contient est une vie de vanité.

Que se passe-t-il si on se fixe à l’un de ces pôles ?

- Si on consacre sa vie à la jouissance, on mène une vie de débauche, on se damne en prétendant que le meilleur de l’existence se trouve dans ce qu’il y a de moins consistant, sables mouvant où chaque nouvel effort nous enfonce un peu plus.

- Plus intéressant est la condamnation de ceux qui chercheraient à justifier leur existence par les œuvres, produites par leur travail. Face à Dieu, l’homme est injustifiable, entendez qu’il n’existe que grâce à Son amour, et non parce qu’il ajoute quelque chose à la Création. Croire que le Créateur ait besoin de la créature, n’est rien d’autre que le péché d’orgueil, et c’est contre celui-ci que nous alerte l’Ecclésiaste (2).

Kierkegaard a fait de cette prise de conscience le fondement de l’étape théologique de la vie ; il faut être sérieux et en même temps il faut rire de nous mêmes ; être sérieux, mais sans se prendre au sérieux. Pour découvrir Dieu, il faut prendre conscience de la petitesse de l’être qui est la nôtre, comparée à Sa Grandeur

Le problème que nous rencontrons aujourd’hui, c’est que dans un siècle athée, nous ressentons quand même la vanité de notre existence et la petitesse de notre être. Mais nous n’avons plus de Sauveur…

Allez : encore un Prozac et pensez à autre chose.

Par exemple : Noël ! C’est bientôt Noël !

(1) Le mot traduit par vanité, (hevel), signifie littéralement vapeur, buée, haleine, souffle léger.

(2) Pas question de fainéanter tout de même : voyez la Parabole des Talents (Post du 23 janvier 2006)

Saturday, August 26, 2006

Citation du 27 août 2006

Vanité des vanités, tout est vanité... Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur.

Ecclésiaste - 1- 2 ;18

Vanitas vanitatis…C’est sur ces paroles que s’ouvre l’Ecclésiaste, qui condamne - entre autre - la prétention de la science à apporter le bonheur : ce n’est qu’une vanité de plus. Pire même, puisqu’elle mène à la douleur, parce que l’espoir de réaliser notre bonheur s’accroissant avec notre puissance, le dépit de l’échec n’en est que plus cuisant.

Tentons de voir notre monde à travers les lunettes du Sage (qu’on a cru longtemps être Salomon).

- Pensez donc à tout ce que notre civilisation a fait depuis (au moins) la Renaissance : vanité.

- Pensez aussi à Descartes et à sa devise « devenir comme maître et possesseur de la nature » : vanité.

- Pensez à la prétention de connaître l’Univers et d’en faire l’exploration : vanité.

- Pensez à notre vision actuelle de la nature où tout ce qui y arrive de bon est selon nous l’effet de notre science et tout ce qui y arrive de mauvais n’est que l’effet de notre imprévoyance : vanité.

- Voyez comment dans votre vie même, vous êtes jugé responsable : rien n’est donné, rien n’est garanti ; il vous faut tout inventer, tout assumer, parce que « vous êtes condamné à être libre » : vanité.

L’Ecclésiaste contient une leçon adressée à tous ceux qui prétendent changer le cours des choses, voire même simplement gouverner leur vie : c’est cette prétention qui est vanité. Que faut-il faire alors ? D’abord ceci : Jouis de la vie avec la femme que tu aimes (9:9). Et puis après cela : Crains Dieu et observe ses commandements (12:15).

C’est donc le renoncement à la vanité qui assure le bonheur et le salut. Remarquez alors que c’est la contre réforme qui a opposé le bonheur au salut : il faut souffrir dans cette vallée de larmes pour que nous puissions mériter notre part de Paradis. L’Ecclésiaste, malgré les apparences, est un texte optimiste.

Amen