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Friday, August 18, 2017

Citation du 19 aout 2017

La sélection naturelle correspond simplement à un tri des individus les plus aptes à survivre ou à se reproduire, quelle que soit la raison pour laquelle ils possèdent une telle aptitude.
Mathieu JORON (University College London) – Isabelle OLIVIERI (Institut des sciences de l'évolution Montpellier)

Il y a donc deux formes de sélections naturelle : celle qui concerne l’individu, lorsqu’il est porteur de caractéristiques qui le rendent apte à survivre mieux que les autres dans un environnement donné. Et puis celui qui concerne l’espèce qui découle de l’aptitude supérieure de certains individus à la reproduction. On espère en général que ces deux caractéristiques se recoupent, à savoir que celui qui est apte à survivre mieux que les autres soit aussi celui qui se reproduit le plus, de sorte que l’espèce profite des aptitudes de l’individu. Mais ce n’est pas forcément le cas, puisque la queue du paon qui le rend séduisant pour les femelles ne l’aident surtout pas à voler…

Justement : les oiseaux sont des animaux très civilisés, qui pratiquent l’amour courtois qui permet à la femelle de choisir en toute indépendance le mâle qui lui plait, et souvent sur des critères esthétiques (comme le paon dont on vient de parler ou les oiseaux de paradis dont le plumage magnifique n’est possédé que par le mâle en vue de la parade nuptiale (voir ici))

Par contre, chez les hommes on croit savoir que dans les temps anciens, ce n’était pas du tout cela – voyez plutôt :



(Hélas, j’ai perdu l’adresse de ce ravissant dessin….)

Le plus fort, le plus violent, le plus lubrique, voilà ce qu’il fallait pour engendrer l’espèce humaine. Ce sont de gens comme ça que nous descendons. Après étonnez-vous qu’il y ait des femmes battues…

Saturday, April 22, 2017

Citation du 23 avril 2017

Armstrong, un jour, tôt ou tard, On n'est que des os / Est ce que les tiens seront noirs ? Ce serait rigolo / [...] / Au delà de nos oripeaux / Noir et Blanc sont ressemblants / Comme deux gouttes d'eau
Claude Nougaro - Chanson (adaptation de Go down Moses -
Arrangement de Maurice Vander)


Les scientifiques l’ont dit et répété : les gènes porteurs des caractéristiques raciales comme la couleur de la peau ou des cheveux sont des allèles parmi les moins importantes dans la constitution de l’organisme, comme des reflets variables à la surface d’un bulle de savon.
Il va de soi qu’il faudrait une sacrée dose d’obstination et de fanatisme pour prétendre qu’il y aurait également des gènes responsables du comportement sexuel ou de la position dans la société (même si on l’a déjà prétendu) – voire même de la foi religieuse. On dira plutôt que c’est l’histoire qui fait l’homme et que, réduit à l’état de squelette (ou de poussière comme dans notre Post d’hier), il y a peu de chances que quelque chose en soit marqué.
C’est une évidence ; mais alors pourquoi cette obstination à chercher dans la nature – la race, l’espèce, la génétique – les sources de ces différences qui portent les inégalités de condition ?
L’ouvrier est-il né ouvrier, et le bourgeois – bourgeois ? N’est-ce pas que l’on veuille pérenniser ces classes sociales, en faire un héritage de la nature, comme il y avait autrefois la croyance dans la différence de nature entre les nobles et les roturiers, le sang bleu courant dans les veines des premiers et non des seconds ? Et d’ailleurs cet espoir de voir la nature relayer notre personnalité ou nos goûts particuliers se retrouve dans la croyance que nous les transmettrons de façon héréditaire à nos descendants (1).
Toutefois, certains chercheurs estiment aujourd’hui probable cette possibilité que des caractères acquis se transmettent par l’hérédité (héritabilité épigénique cf. ici). Mais, voyez comme nous sommes : tellement convaincus que ce qui compte, c’est qu’Armstrong était noir de peau … et que ça explique pourquoi il jouait si divinement de la trompette.
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Sunday, November 15, 2015

Citation du 16 novembre 2015

La société et la science ont tellement baigné dans les idées du mécanisme, de l'utilitarisme et de la libre concurrence économique, que la sélection a remplacé Dieu comme ultime réalité.
Arthur Koestler
Le darwinisme a donné lieu à tant des dérives obscurantistes qu’on est tenté de suivre Koestler dans sa critique. Et puis on en vient à se méfier : cette critique, qui a été reprise et amplifiée par les créationnistes, n’est-elle pas elle-même une de ces dérives ?
--> Tentons de tracer la ligne qui sépare la vérité de l’idéologie, la clarté de l’enfumage.

- Observons que Koestler affirme que la science se développe dans la trace de l’utilitarisme et du combat idéologique, ce qui est  un non-sens. La science ne se développe pas à la suite des croyance ou des opinions, parce qu’elle doit son statut à son indépendance – et si ce n’est pas le cas elle n’est qu’une imposture sans intérêt. Si le darwinisme était ce que Koestler en rapporte, il tirerait sa validité du fait qu’il légitimerait l’injustice sociale en attribuant son origine à la nature.
Bien sûr, la biologie ne peut démonter que l’évolution des espèces obéit à une loi scientifique aussi rigoureuse que les lois de Newton, mais elle peut produire un modèle explicatif qui conserve sa valeur bien qu’elle en fasse l’économie. Par contre, les thèses des créationnistes sont ridicules non parce qu’elles veulent voir dans la Bible une vérité à prendre au premier degré, mais parce que pour le faire elles sont obligées de nier les démonstrations scientifiques dans leur ensemble.
- Ceci n’empêche pas que que le darwinisme ait été employé dans un but de justification de l’injustice : la lois du plus fort, sans frein ni compensation, a été valorisée dans la société libérale au nom de la sélection naturelle. « Laissez la nature éliminer les incapables, ne les secourez pas, sinon vous leur permettrez de contaminer la société. » C’est au nom de cette idée que l’eugénisme a fait les ravages que l’on sait durant le 20ème siècle, et pas seulement dans le 3ème Reich.
Tout usage d’une théorie scientifique à des fins politiques est donc condamnable.

- J’ajouterai un point encore : Koestler fait mine de croire que la sélection naturelle a remplacé Dieu comme ultime réalité. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Que la sélection naturelle doit remplacer le passage de la Genèse où est retracée l’apparition d’Adam et des espèces animales ? Pourquoi pas. Mais si l’on dit que pour répondre au grand Pourquoi ? il vaut mieux lire l’Origine des espèces plutôt que la Genèse, alors on montre simplement sa profonde ignorance de ce qu’est l’esprit scientifique.

Monday, April 02, 2012

Citation du 3 avril 2012

La « lutte pour la vie ». (Struggle for life)

Ch. Darwin (1809-1882) – L'Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle

On admet que le darwinisme repose sur deux principes : la variation des organismes vivants par mutations aléatoires des caractères héréditaires ; la sélection naturelle des variations ainsi produites par leur mise en compétition dans le milieu.

Aujourd’hui encore le premier de ces principes est contesté, en particulier par les créationnistes. En revanche, qui donc proteste contre le second ? Est-il scientifiquement mieux démontré que le premier ? L’immense queue du paon qui lui sert dans la parade nuptiale n’est-elle pas un handicap majeur pour un oiseau en alourdissant son vol ? Dans la préhistoire, les femmes qui ont été fécondées n’étaient-elles pas justement celles qui courraient le moins vite pour fuir l’approche du mâle ?

Sérieusement, on devrait quand même être plus attentif à nos réactions aux thèses qui éclairent notre vie. En effet, si nous vomissons les créationnistes, nous admettons sans broncher celles des ultra-libéraux qui affirment que, dans la société, l’assistance aux plus faibles est nocive parce qu’elle permet aux moins bien doués de survivre et de se reproduire.

… Là, je sens quand même que mes lecteurs sursautent : ces idées sont propres à l’eugénisme et au fascisme. Ces thèmes n’ont plus cours aujourd’hui, et rien de sert de secouer Darwin pour réveiller ces vieux démons.

Très bien – mais quand même : ces idées, si elles ne sont plus admises concernant les hommes, le sont parfaitement à propos des entreprises. Et dites-moi : les entreprises ne sont-elles pas aussi des hommes, des travailleurs qui en tirent leur subsistance ?

Thursday, May 21, 2009

Citation du 23 mai 2009

Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.

Charles Darwin


Alors, ça y est, on l’a trouvé l’ancêtre ? Le chaînon manquant, celui qui montre comment la lignée des primates a commencé à se scinder en deux les lémuriens d’un côté, les singes et les hommes de l’autre ?

Et à quoi on l’a reconnu ? A son pouce opposable, comme on le voit sur la photo ci-contre. (1)

Alors certains avaient essayé avant ça d’imaginer comment s’était effectué le passage évolutif aboutissant à l’homme.

Les autres avaient imaginé ça : c’étaient des optimistes.


(1) Les scientifiques sont des jaloux: ils dénoncent une opération de com' organisée par le paléontologue norvégien Jorn Hurum qui publie sur ce petit mammifère découvert en ... 1983.

Saturday, February 07, 2009

Citation du 8 février 2009

L'évolution ne tire pas ses nouveautés du néant. Elle travaille sur ce qui existe déjà, soit qu'elle transforme un système ancien pour lui donner une fonction nouvelle, soit qu'elle combine plusieurs systèmes pour en échafauder un autre plus complexe. Le processus de sélection naturelle ne ressemble à aucun aspect du comportement humain. Mais si l'on veut jouer avec une comparaison, il faut dire que la sélection naturelle opère à la manière non d'un ingénieur, mais d'un bricoleur ; un bricoleur qui ne sait pas encore ce qu'il va produire, mais récupère tout ce qui lui tombe sous la main, les objets les plus hétéroclites, bouts de ficelle, morceaux de bois, vieux cartons pouvant éventuellement lui fournir des matériaux ; bref, un bricoleur qui profite de ce qu'il trouve autour de lui pour en tirer quelque objet utilisable.

François Jacob – Le jeu des possibles (1981)

Dans le débat qui oppose les évolutionnistes aux créationnistes, et qui se poursuit en ce moment de célébration d’anniversaire de Darwin il y a eu bien de … l’évolution aussi.

Quand on est évolutionniste (quoique ce mot paraisse désuet pour décrire l’état de la science de l’évolution aujourd’hui), on sait qu’on n’a pas à s’opposer aux fous furieux qui affirment que la Genèse contient l’exact récit de la création des espèces.

Et en effet, tout le monde le dit – y compris la plupart des religieux traditionalistes : l’évolution des espèces est une évidence, attestée par les avancées de la génétique et la découverte de l’ADN.

Par contre la thèse de la sélection naturelle opérant sur des mutations aléatoires passe moins bien : les mêmes religieux veulent y voir l’effet du dessein intelligent (intelligent design) et du coup c’est le statut privilégiée de l’espèce humaine qui est sauvé. (1)

Cette théorie du dessein intelligent ne satisfait personne : ni les religieux intégristes qui placent le dogme au-dessus de tout ; ni les scientifiques qui n’apprécient pas qu’on leur dise : « Je ne cherche pas à démontrer la validité de mes hypothèses ; c’est à vous de démontrer qu’elles sont fausses. »

Je ne suis pas plus savant que les savants, et je ne vais pas donner la leçon à quiconque. Par contre, si 150 ans après la publication de l’Origine des espèces le débat n’est pas clos, c’est qu’il y a encore des progrès scientifiques à accomplir. Au fond, je crois que l’avancée de la biologie, et de la génétique, si extraordinaires au cours des 50 dernières années, n’est pas terminé, en ce sens les tests de réfutation (Popper) de l’évolution ne sont pas encore clairement définis. Rappelons que selon Popper, ces tests sont des expériences dont on admet que si elles échouent alors la théorie qu’elles devaient vérifiée est fausse.

Bien sûr, on sait qu’en réalité, les choses ne se passent presque jamais d’une façon aussi simple, et l’abandon d’une théorie contredite par les faits ne se réalise qu’en présence d’une autre théorie – également vérifiable (2). Mais tout de même on ne comprend pas tout à fait pourquoi certaines espèces franchissent des durées de centaines de millions d’années sans évoluer, et comment des évolutions essentielles apparaissent par petites touches, chacune séparée des autres ne représentant pas un avantage décisif pour l’espèce.


(1) Je me souviens qu’à la Sorbonne, mon prof de philosophie des sciences (Claude Tresmontant), disait qu’expliquer l’apparition de la vie et de la conscience par le hasard des mutations c’était comme supposer qu’un singe tapant sur une machine à écrire arriverait un jour à produire l’Iliade et l’Odyssée.

(2) Voir là-dessus la conférence d’Angèle Krémer Marietti