Wednesday, January 07, 2015
Citation du 8 janvier 2015
Tuesday, January 06, 2015
Citation du 7 janvier 2015
Thursday, July 14, 2011
Citation du 15 juillet 2011
L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat.
Sun Tzu – L'Art de la guerre
La guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens.
Carl von Clausewitz (déjà cité le 23-07-2006)
Voilà deux citations qui s’opposent, car si l’une fait de la guerre l’ultima ratio (1), le dernier et ultime moyen pour amener une nation à se plier à notre volonté, l’autre en revanche estime que la guerre elle-même englobe cet art de la diplomatie – ou de la ruse – qui peut contourner la violence.
Peut-être ai-je parlé un peu vite. Car, durant la guerre, la ruse n’est pas forcément une forme de diplomatie. Supposons que l’on parvienne à persuader l’ennemi qu’on dispose de forces très supérieur aux siennes et que, grâce à cela, on obtienne sa reddition : ce n’est certes pas de la diplomatie, et pourtant, comme le dit Sun Tzu, on est arrivé à soumettre l'ennemi sans combat.
En fait, le problème est de savoir quand – et donc pourquoi – on déclenche une guerre. Clausewitz parait bien optimiste quand il estime que la guerre vienne après la diplomatie, qu’elle est toujours l’ultima ratio. Pourtant, combien de guerres se sont déclenchées sans négociations – sans même de déclaration ? On se rappelle Pearl Harbour.
Reste que l’ennemi est alors déjà défini, et qu’en général on sait qui est notre ennemi et pourquoi : les américains en 1941 savaient bien qu’ils avaient quelques soucis à se faire à propos du Japon.
Mais par contre et pour évoquer la même période, les français de 1939 ne savaient pas tous que les allemands étaient leurs ennemis. Leur pacifisme – en réalité leur refus de la guerre – était lié à ce qu’ils ne voyaient vraiment pas pourquoi les allemands pourraient vouloir leur faire la guerre : n’avaient-ils pas le même ennemi que nous : les bolchevicks ? (2). Faire la guerre à l’URSS, pourquoi pas ? Mais faire la guerre à Hitler, pourquoi donc ?
Nous comprenons alors que la guerre est un acte de politique intérieure autant que de politique extérieure. Avant toute chose, il faut déjà persuader le peuple que celui à qui on déclare la guerre est bien notre ennemi.
Ah… J’oubliais : il faut aussi le persuader qu’il est suffisamment notre ennemi pour justifier les sacrifices qu’on consent pour lui faire la guerre.
Et ça, c’est ce qui commence à faire défaut dans les engagements de l’armée française aujourd’hui.
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(1) C'était une des maximes de Richelieu que le canon est l'ultima ratio des rois. Lire la suite
(2) D’où la stupeur lors de la signature du pacte Germano-soviétique (23 aout 1939) – mais il était déjà trop tard pour comprendre, la guerre était à nos portes (3 septembre 1939)
Friday, November 13, 2009
Citation du 14 novembre 2009
Je ne sais pourquoi, je me suis rappelé un mot qu’on a prêté à Clemenceau quand il a pris en main les affaires de la guerre : « La guerre est une affaire trop sérieuse pour qu’on la confie à des militaires. » Évidemment, cela ressemble à une boutade, peut passer pour un paradoxe. Pourtant, il semble bien qu’il y ait là l’expression d’un grand bon sens,
Paul Léautaud – Journal littéraire 9 novembre 1932
La guerre est le prolongement de la politique par d’autres moyens.
Carl von Clausewitz (voir Post du 23-07-06)
Règle absolue quand on lit une telle citation de Clemenceau : éviter la naïveté de Léautaud. Ce n’est pas parce que ça choque le bon sens que c’est forcément vrai.
Certes, s’il est vrai – comme le note Clausewitz – que la guerre constitue une arme politique, alors c’est aux politiques et non aux militaires qu’il incombe – par exemple – d’appuyer sur le bouton rouge du feu nucléaire.
Mais voyez l’exemple concret, le seul qui soit disponible heureusement, de Truman confronté à la décision d’ordonner le bombardement atomique du Japon.
L’armée américaine dispose enfin de la bombe atomique. Le chef d’état major presse Truman de signer l’ordre de la larguer sur le Japon. Truman hésite, tergiverse. Le militaire lui fait comprendre que cette décision est trop importante pour qu’il puisse hésiter. Le président accepte sous la pression des militaires, prouvant ainsi que la guerre est trop importante pour qu’on la confie à des politiques.
D’ailleurs, même si il est vain de prétendre réécrire l’histoire, on peut imaginer que le déroulement de la guerre aurait été tout autre si les opérations militaires allemandes avaient été confiées à des généraux capables et non à Hitler qui s’est obstiné dans des stratégies vouées à l’échec (en Russie).
Seulement, voilà : la guerre est à la fois arme politique et opération militaire. Comment assurer la synthèse ? Faire du général en chef le chef politique ? Ça arrive et souvent c’est le général qui s’est emparé du pouvoir. Malheureusement, là, pour le coup on peut dire que la politique est une affaire trop sérieuse pour qu’on la laisse à des militaires.
Donc le problème est celui d’une impossible synthèse : il s’agit de greffer le pouvoir politique sur la décision militaire.
Pour fixer les idées, voyez les tergiversations de Barak Obama devant la décision d’envoyer un renfort de militaires en Irak.
Saturday, July 22, 2006
Citation du 23 juillet 2006
La guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens.
Carl von Clausewitz
Que la guerre soit un moyen, qui donc en douterait ? On ne fait pas la guerre par plaisir (même si elle fait plaisir), mais pour obtenir ou pour conserver un avantage précis. Mais qu’elle soit une alternative à la diplomatie, un détour sur le chemin de la paix et de l’entente avec les autres peuples, voilà qui étonne et qui peut même scandaliser.
Cherchons un exemple. Le conflit Israélo-palestinien peut nous servir. Grosso modo (je simplifie sans doute abusivement), il s’agit pour Israël de faire reconnaître par les Palestiniens et par la communauté internationale sa souveraineté sur un territoire défini par cette même communauté et redéfini par différents conflits.
La thèse d’Israël est qu'aujourd'hui son existence et la sécurité de ses citoyens est menacée par le Hezbollah basé sur le territoire libanais. Le conflit armé actuel a donc pour but de faire aboutir une exigence politique, qui aurait dû être obtenue par une conférence internationale, si la volonté de paix l’avait emporté sur la volonté de détruire les juifs (ou : l'Etat juif). On est bien dans le cas défini pas Clausewitz.
Que disent les opposants à Israël ? Que cette guerre est une guerre injuste, qui non seulement frappe des civils innocents, mais qui de surcroît est un acte d’agression en temps de paix contre un Etat souverain. La continuité du politique et du militaire dans ce cas n’est plus assurée, parce que le règne du droit est exclu, que l’on est dans celui du rapport de force, un peu comme avec les bandits de grands chemin imaginés par Rousseau, qui prétendraient avoir un droit sur ma bourse parce qu’ils ont une arme et que je n’en ai point (1). « Convenons donc - écrit-il dans le même passage - que force ne fait pas droit, et qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes… » : la guerre n’est le prolongement de la politique que si elle est le point de départ d’une légitimité nouvelle. Sinon, elle amorce et entretient un cycle de violences indéfinies.
Autrement dit, pour que la guerre soit la continuation de la politique, il faudrait que le vaincu reconnaisse qu’il est totalement engagé par le traité de paix qui suit, et qu’il reconnaisse donc le droit de son vainqueur ; le rapport de force ne serait alors que le moyen de la reprise et de l’aboutissement de négociations loyales.
Si la guerre est politique, ce n’est donc que dans la mesure où elle ramène à la politique.
(1) Du droit du plus fort - Contrat social, I-3.