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Monday, September 12, 2016

Citation du 13 septembre 2016

En Angleterre, tout est permis, sauf ce qui est interdit. En Allemagne, tout est interdit, sauf ce qui est permis. En France, tout est permis, même ce qui est interdit. En U.R.S.S., tout est interdit, même ce qui est permis.
Winston Churchill
On disait de la Suisse : tout est interdit et ce qui est permis est obligatoire.
Anonyme

Le jeu des permutations entre le permis et l’interdit est riche de variantes. On laissera de côté pour aujourd’hui les 4 premières citées (que j’ai déjà commentées ici). Par contre, parlons de la Suisse, qui selon notre « aphorisme-du-jour » aurait inventé ce paradoxe du permis-obligatoire. Car, il semblerait qu’un comportement soit ou permis ou obligatoire – mais pas les deux.
Toutefois, le prisonnier qui est libéré doit sortir de prison ; s’il lui est permis de sortir, alors il est obligatoire qu’il sorte, la prison n’étant pas un hôtel pour « occupant-libre » ! L’idée est donc qu’il y a une sorte de liberté dont on serait obligé de profiter. Comme par exemple le repos du dimanche, qui est permis, mais l’unanimité des observants donne à penser que ce serait obligatoire d’en profiter.

Le pesant ennui du dimanche n’est pas spécifiquement suisse, mais lorsque les boutiques de Lausanne ferment à 18 heures le samedi alors que le soleil brille haut dans le ciel, cela donne une idée de ce qu’est cette liberté « obligatoire ». Oui, on a déjà disserté sur l’annihilation de la liberté en dehors du « tout-interdit » ; mais si la liberté qu’on nous accorde est bien une chaine qu’on enlève, faisons attention à ce qu’on n’en rajoute pas aussitôt une autre.

Saturday, August 01, 2015

Citation du 2 aout 2015

Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté.
Winston Churchill
Ça, c’est l’histoire du verre à moitié vide / à moitié plein. On en a déjà parlé, inutile de revenir dessus. Toutefois, je me sens l’envie d’en rajouter un peu.
Retenons que c’est n’est pas seulement par un tempérament ou un trait de caractère que le pessimiste et l’optimiste se révèlent mais aussi dans l’action. En effet si le premier voit des difficultés, c’est bien dans l’opportunité d’agir ; et réciproquement, la difficulté d’agir constitue pour l’optimiste une opportunité. D’une certaine façon optimiste et pessimiste peuvent bien être d’accord sur le diagnostique : l’action envisagée comporte bien des difficultés. Simplement là où cela constitue un frein pour l’un c’est un stimulant pour l’autre.

Ce qu’on peut rajouter c’est quand même que l’action est grosse d’incertitude et que du coup elle comporte un gros pourcentage d’imaginaire. Mais cet imaginaire agit de façon opposée selon que l’on appartient au clan des optimistes ou  à celui des pessimistes. Ce dernier est d’abord un rationaliste qui calcule ses chances de réussites ; simplement il en rajoute sur les risques d’échec. Par contre l’optimiste n’écoute pas la voix de la raison : il suit la pente naturelle du désir. Il fait ce que Kant nous décrit comme étant la nature du désir : « La faculté de désirer est la faculté d’être cause des objets de ses représentations par le moyen de ces représentations mêmes. » (Kant – Métaphysique des mœurs, Introduction). Autrement dit avec la représentation de l’objet désiré apparaît la certitude de pourvoir le posséder. Je le désire donc je l’ai.
- Concluons donc – une fois n’est pas coutume – par une citation :

« La plupart des choses importantes dans le monde ont été accomplies par des personnes qui ont continué à essayer quand il semblait y avoir aucun espoir. » Dale Carnegie

Friday, July 31, 2015

Citation du 1er aout 2015

Le pouvoir de l’homme s’est accru dans tous les domaines, excepté sur lui-même.
Winston Churchill
Depuis l’Ecclésiaste (1) on répète – à peu près – la même chose : ce qui accroit notre pouvoir accroit aussi notre responsabilité. Aujourd’hui, moi qui vous parle, me voici en charge de l’avenir de la planète – moi qui ai déjà mille difficultés à savoir ce qui serait le meilleur pour moi, pauvre individu !
Suivons sir Winston : on doit estimer que l’absence de sens moral est inné ce qui fait que l’humanité ne peut s’intéresser aux conséquences néfastes de ses actes, qu’elle le sait, mais que ça ne l’affecte pas directement. Que je réchauffe la planète au point que les océans déborderont dans un siècle, que m’importe ? Après moi le déluge ! Même si les savants ont raison, avant que le siècle soit passé on aura découvert le moyen de faire rentrer les océans dans leurs lits.
Mais tout cela c’est encore bien confortable pour nos esprits. Plus dérangeant est le cas où on sait que la catastrophe est en cours : on sait ce qu’il faudrait faire pour l’arrêter, mais on ne le fait pas – bien au contraire. C’est à ce genre de situation qu’on peut supposer que Churchill fait référence : ne parlait-il pas de la guerre ?
Quand on lit une histoire de la seconde guerre mondiale (2) on est suffoqué par la révélation des gigantesques efforts produits pour détruire ou sachant qu’on va être détruits : les avions qu’on met en chantier aujourd’hui sont destinés à remplacer les chasseurs qui seront abattus ce soir, pour disparaître à leur tour après-demain. Comment cette « économie » de guerre est-elle possible ? Quel retour sur investissement pouvait-on en espérer ? Comment le bon sens marchand ne pouvait-il pas l’emporter sur cette furie destructrice ? Non, rien ne peut expliquer cela, sauf l’absence de sens moral des hommes : quand en 1945 certains américains ont voulu empêcher l’utilisation de l’arme atomique, ce n’était pas par humanité : ils pensaient que les bombardements au napalm, fraichement inventé, pouvaient détruire des villes et carboniser des hommes aussi bien que la « Bombe » sans recourir à une arme nouvelle dont on ne connaissait pas encore les effets.
Que nous n’ayons pas la maitrise de nous-mêmes, on l’accepte. Mais pourquoi ne restons-nous pas dans notre coin, à jouer tranquillement avec nos hochets, sans nous réoccuper d’agir ? C’est Freud qui nous suggère la réponse : nous avons une formidable pulsion mortifère qui, lorsqu’elle a pris le dessus, ne nous laisse pas en repos. C’est cela que nous ne maitrisons pas.
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(1) « Car avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa science augmente sa douleur. » (1, 18)
J’aurais pu ajouter Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » ; mais on l’a déjà évoquée il y a bien longtemps

(2) Ce que je fais ces jours-ci en lisant la Guerre-monde de Alya Aglan et Robert Franck : 2500 pages qu’on lit avec passion et terreur et qui sont éditées chez Folio.

Friday, July 24, 2015

Citation du 25 juillet 2015

Now this is not the end. It is not even the beginning of the end. But it is, perhaps, the end of the beginning.
Churchill, discours du 9 novembre 1942,
au lendemain du débarquement allié au Maroc et en Algérie.

Churchill parlait alors de ce débarquement qui constituait la première victoire des alliés face aux armées du 3ème Reich, rappelant que c’était une victoire mais non pas la victoire : l’ennemi n’est pas vaincu, mais on sait qu’on en a fini avec son invincibilité. Ne pas confondre « le commencement de la fin » avec « la fin du commencement » 
o-o-o
Retenons ce conseil et demandons nous si, dans notre existence, nous savons effectuer cette distinction.
- Déjà, observons que la vie est un  long processus : qui donc croirait que la fin commence là où le début s’achève ? Si, tout de même : tous ceux qui ne veulent pas en finir avec leur jeunesse, ces post-adolescentes trentenaires qui se fringuent comme des minettes en chaleur ou comme des rock-stars. Ou alors ces quadragénaires qui refusent de vivre autrement que comme des étudiants. Car pour eux, après la fin de ce commencement, c’est le commencement de la fin.
- Long processus avons-nous dit ? Ou plutôt succession de processus ? Mais ce n’est pas mieux : chaque étape de la vie, pour autant que nous acceptions de les distinguer, finit de commencer pour commencer à finir. Après tout, ce déchirement de la perte de la jeunesse cet enlisement qui lui succède annonçant la vieillesse, c’est à chaque étape de notre vie que nous risquons de le vivre.
- Désespérant ? Pas tant que ça, car voici Bergson qui arrive. – Considérez, nous dit-il, la vie comme une seule étape, quelque chose qui commence de se construire à votre naissance et qui ne cessera qu’à votre mort. Du coup plus de fin, du moins plus de fin du commencement. Plus de commencement non plus, du moins plus de commencement de la fin.

J’en vois qui s’agitent ? Quoi, me dit-on : vous avez fustigé les post ado qui à 30 ans s’évertuent à l’être encore et ces étudiants qui en ont 45. Et vous nous présentez comme un miracle qu’on soit de sa naissance à sa mort le même ? Vous vous moquez ?
En réalité, ce que nous dit Bergson est un peu différent : ce qui se conserve toute une vie, c’est son sens profond, ce qui confère une signification à toutes nos décisions, à tous nos actes. Mais ne croyons pas que ce sens émerge à notre conscience dès notre naissance ;  ce serait ridicule. Il faut admettre que ce sens n’apparaît que progressivement, comme ce qui donne rétrospectivement une valeur à ce que nous avons choisi de vivre.

Donc pas d’étapes. Juste un point de basculement lorsque ce sens nous apparaît clairement.

Thursday, March 06, 2014

Citation du 7 mars 2014


Rien n’est plus dangereux, en diplomatie, que de parler de la paix en amateur ! Chaque fois que le désir de paix a atteint une certaine intensité et n’a pu être contenu, on a eu la guerre !
Robert Musil L'homme sans qualités (1930-1932)
Nous avons subi une défaite totale et sans mélange (...). Notre peuple doit savoir que nous avons subi une défaite sans guerre, dont les conséquences nous accompagneront longtemps sur notre chemin
Winston Churchill – Le 5 octobre 1938, à propos des accords de Munich (Cité ici)
Les négociateurs de Munich ne pouvaient pas dire : On ne savait pas ! Le démembrement de la Tchécoslovaquie (la question des Sudètes) a été le dernier reniement avant la guerre qui se déclencha en septembre 1939.
Et aujourd’hui ? Selon certains, la partition de l’Ukraine basée sur le reniement de nos engagements internationaux n’est même pas une capitulation, mais une position de repli devant les appétits d’annexion de Wladimir Poutine. D’ailleurs tout le dispositif est déjà en place : les Américains et les Européens qui piétinent, chacun poussant l’autre sur le devant de la scène, les évaluations des faiblesses commerciales des Russes pour montrer que leur intérêt est de modérer leurs ambitions, etc. En 1939 on ne voulait pas mourir pour Dantzig. Aujourd’hui on ne veut sûrement pas mourir pour la Crimée.
Le parallélisme entre ces deux situations est frappant, et pourtant certains voudront le nier : comparaison n’est pas raison, diront-ils – et puis l’histoire ne se répète pas, chaque époque diffère radicalement des autres. On jugera donc que le diagnostic de Churchill, formulé à chaud au vu des engagements diplomatiques de 1938, est bien trop engagé dans son époque pour être généralisable. D’ailleurs, la Crimée n’est pas le territoire des Sudètes, Poutine n’est pas Hitler, l’Europe-Unie n’est pas le tandem Chamberlain-Daladier.
Oui – mais : et Musil ? Chaque fois que le désir de paix a atteint une certaine intensité et n’a pu être contenu, on a eu la guerre ! Ça, c’est publié en 1930 (et sans doute écrit bien avant) : c’est un principe général, quelque chose qui ressemble à une loi de l’univers !
Reste que le désir de paix est tributaire de la menace de guerre. Alors, c’est là que les diplomates ont leur mot à dire : qu’en est-il de cette menace aujourd’hui ?