Wednesday, January 18, 2017
Citation du 19 janvier 2017
Tuesday, January 17, 2017
Citation du 18 janvier 2017
Monday, January 16, 2017
Citation du 17 janvier 2017
Sunday, January 15, 2017
Citation du 16 janvier 2017
Monday, August 23, 2010
Citation du 24 août 2010
Les vengeances châtient, mais n'éliminent pas les fautes.
Cervantès – Les travaux de Persilès et Sigismonde
Voilà une pensée qui suffirait s’il en était besoin à nous conforter dans l’idée que le châtiment judiciaire ne peut en aucun cas être l’expression d’une vengeance – du moins si on croit que la sanction infligée par la justice est la condition pour la réintégration du criminel dans la société.
Mais plutôt que de redire ce qu’on sait déjà, il serait plus judicieux de s’interroger : la vengeance n’efface pas les fautes, soit. Mais est-ce que quelque chose – n’importe quoi – le peut ?
Par exemple, on sait que la malheureuse femme de Barbe-Bleue s’efforce d’effacer la tâche de sang sur la clé du placard, où sont remisés les cadavres de femmes de son cruel mari (1). Mais c’est en vain.
La faute est irrémédiable, quand je l’ai commise, à tout jamais il restera vrai que moi – oui, moi – j’ai fait ça. Qu’on me pardonne effacera les conséquences de la faute, mais pas la faute elle-même. D’ailleurs, comme notre éminent alias Docteur-Philo l’a remarqué, ce sont les autres – et jamais nous-mêmes qui peuvent nous pardonner.
Reste à dire si cette impossibilité supprime l’écart enter la vengeance et le châtiment judiciaire ? Je veux dire que si le châtiment ne répare rien du tout, sa seule utilité ne serait-elle pas alors de nous venger ?
Je crois l’avoir déjà signalé : entre vengeance et châtiment, la différence consiste dans l’existence ou dans l’absence de limites. La sanction judiciaire a de tout temps été une souffrance limitée infligée à un coupable ; les châtiments corporels rigoureusement comptabilisés : tant de coup de fouet pour tel crime. Même la torture était définie par des textes très précis : il y avait la question ordinaire et la question extraordinaire.
Maintenant, imaginez qu’on vous ait massacré votre femme ou vos enfants. Vous allez vous venger ? Quand serez vous assez vengé ? Vous voudrez étrangler de vos propres mains le criminel ; et puis vous souhaiterez qu’il ressuscite pour l’étouffer de nouveau. Un peu comme Miles Davis qui disait (à la fin de sa vie) : « Quand j’étais jeune je voulais étrangler les blancs et que pour chacun ça dure deux heures. Maintenant je voudrais que ça dure huit jours. »
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(1) L’actualité nous invite à dire que de nos jours, la femme aurait dû utiliser la clé du congélateur. Mais, c’est toujours le même problème : on peut tuer ; mais que fait-on du corps ? D’ailleurs vous êtes vous jamais demandé pourquoi Barbe-Bleue n’enterrait pas ses victimes ? Aurait-il été un collectionneur de cadavres ?
Monday, August 02, 2010
Citation du 3 août 2010
Quand la femme ne sert plus de marmite, elle sert de couvercle.
Cervantès – Nouvelles exemplaires
Attention aux images ! Du moins à celles que la littérature nous flanque dans l’esprit. Parce que là, il est beaucoup plus difficile de s’en défaire. Ça colle à l’imagination.
Quand la femme ne sert plus de marmite, elle sert de couvercle…
Le plus grave, c’est que, dit comme ça, avec autant d’élision, l’explication que nous en fournirons révèlera plus nos obsessions que notre science de l’interprétation – comme avec les tests projectifs (pensons aux taches d’encre du Rorschach)
Test de Rorschach (Wikipédia – voir l’article anglophone ici)
Allons-y bravement quand même.
Ainsi donc quand est-ce que la femme est une marmite ? Réponse : quand on lui remplit le ventre en lui faisant un enfant.
Ça commence bien n’est-ce pas ? Poursuivons alors :
Quand la femme ne peut plus faire d’enfant, elle n’est plus la marmite – mais alors elle devient le couvercle. Selon moi, ça veut dire qu’elle peut encore protéger l’homme du froid parce qu’elle a pris assez d’embonpoint pour lui servir de couverture en hiver.
Aïe ! Ça y est ! J’ai lâché le morceau et j’ai révélé la noirceur de mon inconscient.
Je vous l’avais bien dit : n’expliquez jamais un test projectif, ou n’importe quoi d’autre qui peut lui ressembler.
Saturday, March 28, 2009
Citation du 29 mars 2009
L'honneur et le profit ne couchent pas dans le même lit.
Cervantès - Nouvelles exemplaires
Voici une observation quasiment proverbiale, et que chacun se répète en cette époque de parachutages dorés.
Comme je n’ai pas l’habitude d’enfoncer les portes ouvertes, je n’en dirai pas plus sur cette évidence.
Et en même temps, reconnaissons-le : nous moralisons à tout va, c’est devenu une manie obsédante : il nous faut de la vertu – partout !
Alors, le profit ferait-il exception ? N’y aurait-il aucune valeur qui accepte de coucher avec lui ?
Bien entendu, vous avez déjà la réponse : à une époque où l’on nous parle de moraliser le capitalisme, on nous a répété sur tous les tons que le profit va avec le mérite. Si vous avez bien travaillé, vous avez produit, donc vous pouvez profiter des fruits de votre travail. Nulle contradiction entre capital et morale, dès lors que le profit = le mérite. Au point que les puritains américains ont érigé cette équation en clé pour accéder au paradis (1).
Comme les deux membres de l’équation sont réversibles on peut aussi bien écrire : mérite = profit – voire même mérite => profit.
J’entends des petites voix qui protestent : elles me disent : « Mais les patrons ils n’ont pas mérité de gagner en prime d’une année ce que nous gagnons en 377 années de salaire (2). »
Alors, écoutez bien : dans un régime capitaliste, travailler signifie faire gagner de l’argent aux autres, à l’entreprise, aux actionnaires – et à vous-même. Le mérite se mesure donc bien au profit qu’on permet de réaliser à tous ceux qui payent votre salaire.
….Hélas ! Ne nous voilons pas la face, arrêtons de nous obsédons avec les parachutes de nos PDG : nous ne sommes pas prêts de voir les gens les plus méritants devenir les plus riches du pays. C’est qu’il y a bien des façons de mesurer le salaire, et le mérite-profit n’est pas toujours le critère choisi. S’il y a des ouvriers payés en-dessous du profit qu’ils apportent à l’entreprise, il y a des patrons payés au-dessus.
- Dernière observation : autrefois – il y a bien, bien longtemps – la valeur politique était : la solidarité, grâce à la quelle nous étions « citoyens responsables ». Aujourd’hui, quand on dit aux patrons du CAC 40 qu’ils doivent êtres solidaires, ils ont des difficultés de compréhension.
(1) Là-dessus voir Max Weber – Ethique protestante et esprit du capitalisme, et … les discours de Notre-Président, décidément beaucoup plus américain qu’on le croit.
(2) Ça peut être beaucoup plus, je sais…