Tuesday, August 30, 2016
Citation du 31 aout 2016
Monday, August 29, 2016
Citation du 30 aout 2016
Thursday, December 05, 2013
Citation du 6 décembre 2013
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N.B. On aura reconnu la métaphysique de l'effleurement, mouvement philosophique fondé par moi-même - et connu seulement de moi-même - qui fait de l'existence qui passe sans laisser de traces le principe de la bonne vie. Voir ici.
Thursday, September 06, 2012
Citation du 7 septembre 2012
But words are things, and a small drop of ink, / Falling like dew, upon a thought, produces / That which makes thousands, perhaps millions, think. [Mais les mots sont des objets, et une simple goutte d'encre / Tombant telle la rosée, sur une pensée, produit / Ce qui fera réfléchir des milliers, voire des millions.]
Monday, August 01, 2011
Citation du 2 aout 2011
Le vin console les tristes, rajeunit les vieux, inspire les jeunes, soulage les déprimés du poids de leurs soucis.
Lord Byron
Voilà donc, pour ceux que mon Post d’hier aurait assombri, un rayon de soleil : le vin, qui comme l’élixir des charlatans est capable de tout guérir, va leur rendre la joie, la jeunesse, la légèreté de l’âme. Débouchez une bonne bouteille, versez-vous un grand verre et après avoir puisé dans ce breuvage une humeur bienveillante, lisez ce qui suit.
Le vin, comment ça marche ? Je veux dire : quel est l’effet du vin sur l’organisme et sur la psychologie humaine, pour que tous ces miracles se produisent ? Comment cela est-il possible ?
Là, je l’avoue, je sèche ; et comme mes lecteurs assidus le savent, je n’ai pas l’habitude de prétendre savoir quand je ne sais pas. Mais ce que je sais par contre c’est trouver la question voisine à laquelle je saurai répondre (1) – et cette question c’est : qu’est-ce que la tristesse, qu’est-ce que la vieillesse, d’où vient le manque d’inspiration, qu’est-ce que la dépression, pour que tout cela soit soulagé par le vin ?
--> Et là on peut aventurer une réponse : nous savons au moins que si le vin nous débarrasse de tout ça, ça veut dire que ça ne dépend que de nous, de notre corps, de notre esprit, de ce qu’on veut, mais en tout cas, pas de la réalité, pas du monde, pas des choses matérielles.
Vous voulez un exemple ? Supposez que je vous dise : Votre cancer sera guéri à condition de boire un petit verre de Côtes du Rhône chaque matin – à jeun. Vous hausserez les épaules et vous me demanderez d’être un peu sérieux.
Mais supposez que je vous dise : vous êtes angoissé par la peur de la maladie et par l’imminence de la mort qu’elle évoque ? Buvez un petit verre de vin, et ça vous passera. Là, même si vous refusez ce genre de thérapie, vous admettrez au moins que c’est possible.
Certains diront que le vin c’est de l’alcool, et que comme tel il porte en lui le risque de violence et d’hébétude. Ne dit-on pas que certains ont le vin mauvais ? Comme si c’était le vin qui était mauvais ! Il n’y a pas de mauvais vin, il n’y a que des mauvais buveurs.
En réalité c’est dans le vin que les sages de l’antiquité ont puisé leur enseignement de la sagesse, qu’ils ont résumé dans la formule : Rien de trop (2) – leur formule initiale devient aujourd’hui : Buvez avec modération !
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(1) Les philosophes à défaut de savoir répondre aux questions qu’on leur pose, savent les déplacer pour qu’elles soient plus pertinentes. La philosophie est une entreprise de déménagement de questions.
(2) Medèn ágan : Rien de trop. Maxime inscrite sur le temple de Delphes incite les hommes à garder la juste mesure en toute choses. Ne quid nimis.
Friday, May 30, 2008
Citation du 31 mai 2008
Quand nous enlevons la vie aux hommes, nous ne savons ni ce que nous leur enlevons, ni ce que nous leur donnons.
Lord Byron – Sardanapale
Cette affirmation devrait faire réfléchir ceux qui soutiennent que la peine de mort est la seule acceptable dans des cas des crimes les plus odieux (1).
On raconte (je crois que c’est Michel Foucault) qu’autre fois, lorsqu’on rouait un criminel, on l’étranglait au bout d’un certain nombre d’heures d’agonie, pour que son âme ne désespère pas de Dieu. Autrement dit on ne voulait pas être responsable de sa damnation ; on savait qu’on lui retirait la vie, mais on ne voulait pas être responsable de lui donner l’enfer.
Personne ne sait ce qu’est exactement la mort, pas plus qu’on ne sait ce qu’il y a après elle : elle est « métempirique » comme disait Jankélévitch – entendez qu’elle est au-delà de toute expérience possible.
Que nous soyons si friands de récits de gens qui sont revenus de l’au-delà de la mort pour nous raconter la belle lumière qu’ils ont vue, et la corde d’argent qui les reliait à leur corps, montre à mon avis qu’on ne se résignera jamais à admettre notre ignorance. Ignorance radicale, parce qu’elle n’est pas simplement le fait de ne pas savoir ce qui se cache sous le voile ; elle est aussi de savoir s’il y a quelque chose de caché.
Redescendons de ces cimes – ou plutôt : remontons de ces abîmes. Car Byron commence en parlant d’autre chose : « Quand nous enlevons la vie aux hommes, nous ne savons [pas] ce que nous leur enlevons ». Car qu’est-ce que la vie qu’on leur prend ? Quand Socrate a bu la ciguë, il avait 71 ans : ce n’est pas la même chose que s’il avait eu 21 ans. Supposez que le suicidé qui se manque soit condamné comme un criminel à la peine capitale : peine absurde puisqu’on lui infligerait ce qu’il voulait se faire à lui-même. En tout cas, la vie qu’on lui prendrait n’aurait pas grande valeur pour lui.
La vie n’a pas une valeur prédéfinie, ni mesurable : lorsqu’on inflige la peine capitale à un homme, il faut admettre que lui seul pourrait connaître le poids de cette peine.
Mais remarquez que c’est la même chose pour la privation de liberté : en vous privant de liberté, de quoi vous prive-t-on ? Supposez que dans votre cellule on vous laisse la télé ?
(1) Inutile de citer la cas de l’affaire Fourniret, sauf pour observer que le rétablissement de la peine de mort en France pour un tel cas n’a pas été évoqué : peut-être que les fanatiques de la guillotine se sont lassés…
Wednesday, April 04, 2007
Citation du 5 avril 2007
Il y a de la musique dans le soupir du roseau ; Il y a de la musique dans le bouillonnement du ruisseau ; Il y a de la musique en toutes choses, si les hommes pouvaient l'entendre.
Lord Byron
Il y a de la musique seulement si les hommes peuvent l’entendre.
Quel est le mode d’existence de la musique ? Où existe-t-elle ? Dans l’oreille ? Dans la sensibilité du mélomane ? Dans les signes typographiques qui l’impriment sur du papier ?
Questions oiseuses ? Et pourtant depuis longtemps on se pose ces questions. Déjà Bergson (1) soulignait que la mélodie n’est pas une addition de notes, mais l’ensemble constitué par leur succession, c’est un changement sans rien qui bouge, une succession inanalysable. Changez une seule note de la mélodie : ce n’est plus la même. Changez la durée d’une seule note : la mélodie change. Changez le phrasé : vous n’entendez plus la même mélodie. C’est ça que les mélomanes ont du mal à faire comprendre : pour eux les diverses interprétations de la même composition renouvellent toute l’œuvre musicale, tout autant que la nouvelle improvisation de jazzman renouvelle le thème.
La musique n’existe pas simplement dans la partition musicale, d’où l’inutilité des interrogations sur l’authenticité de l’exécution d’une œuvre du passé. Jouer Mozart sur la piano de Mozart, en consultant son manuscrit : très beau. Mais prétendre qu’on joue comme Mozart voulait qu’on le joue : on ne le saura jamais (2).
Alors, la musique, si elle n’est pas sur la page imprimée, où est-elle ? Dans le gosier qui la chante ? Dans l’oreille qui l’entend ? On raconte que les ethnologues ont fait l’expérience de faire entendre à des indigènes (d’Amazonie je crois) des œuvres musicales occidentales : ils n’ont absolument pas réagi, sauf à Mozart. Le divin Amadeus… Moi qui ai horreur des vaches sacrées, je n’en crois rien. La musique n’existe que reliée à une attente, même et surtout si elle doit s’en écarter, innover par rapport à elle. Elle est solidaire d’une culture, d’une histoire, et, à l’intérieur de ça, elle est solidaire d’une action : exécution, écoute…
Là dessus ne me demandez pas en plus quelles sont les limites de la musique : les variations pour une porte et un soupir, c’est de la musique ? (3)
Et les Fatals Picards, ils font de la musique ?
Hein ? Vous êtes sourd… Bon, ça va.
(1) Bergson, la perception du changement, in la pensée et le mouvant (à consulter ici : c’est la 2ème conférence, p. 105)
(2) Vous imaginez, Gustav Leonhardt qui joue les Goldberg sur son clavecin, et Bach qui sort de terre pour le traiter d’âne…
(3) Voir ici
Thursday, November 23, 2006
Citation du 24 novembre 2006
La haine est certainement le plus durable des plaisirs : on se presse d'aimer, on déteste à loisir.
Lord Byron Le pèlerinage du chevalier Harold
On raisonne à perte de vue sur l’amour ; on oublie la haine. Et pourtant si rien n’est plus fugace que l’amour, rien n’est plus durable que la haine. Si la philosophie consiste à s’étonner de ce qui n’étonne personne, alors nous avons là de quoi commencer à philosopher…
En fait on se détourne de la haine, on n’en parle pas, on n’y « pense » pas, parce que c’est « vilain » de haïr ; notre culture chrétienne nous a appris que la haine était un péché, que nous devions éprouver de l’amour pour notre prochain, aimer jusqu’à nos ennemis.
Je ne crois pas me tromper en disant que Nietzsche est sans doute le seul philosophe qui ait donné un statut véritable à la haine : pour lui, son sens varie avec la force qui l’habite. La haine est alors un révélateur de la nature humaine : dis-moi comment tu hais ; je te dirai qui tu es (sans jeu de mot pour une fois). Sous une forme agressive, la haine est une force vitale, celle qui habite le « maître » (1) : elle est un excitant de la vie. Lorsqu’elle est rancœur morbide, elle devient haine de la vitalité ; Nietzsche l’attribue alors à « l’esclave » (1), celui dont la faiblesse produit cette rumination stérile, l’homme qui n’en finit jamais. Voilà donc la haine telle que nous la décrit Lord Byron.
Pourtant, il dit quelque chose de plus : la haine n’est pas seulement durable ; elle est le plus durable des plaisirs. On aimerait croire qu’il se trompe. Encore un effet de notre éducation chrétienne : le plaisir de haïr, ça existe. Vous ne me croyez pas ? La délectation de la médisance, ça vous dit quelque chose ? Le plaisir secret de voir l’ami - oui : l’ami ! - échouer ou connaître un malheur, ça, vous ne connaissez pas ? Comment ? Le malheur de l’ami est l’occasion de l’aider, votre bonheur c’est de lui prouver ainsi votre amitié ? Dit comme ça, c’est en effet plus présentable…
Deviendrais-je misanthrope avec l’âge ?
(1) Maître et esclave sont chez Nietzsche plus des concepts que des statuts sociaux. Sachant que les forces antagonistes que nous évoquons plus haut coexistent en chacun, on dira que le terme de « maître » désigne celui qui a su dompter en lui les forces réactives, et l’esclave est celui qui ne l’a pas fait. Voir message du 17 aout