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Tuesday, August 30, 2016

Citation du 31 aout 2016

Nous savons si peu ce que nous faisons en ce monde que je doute même si le doute est vraiment l'action de douter.
Lord Byron / Don Juan
« J’ai des doutes » disait Raymond Devos dans un de ses sketches mémorables (Vidéo ici).
Bien sûr le doute de Devos n’avait pas lieu d’être puisqu’il était évident que sa femme le trompait avec son meilleur ami ; mais à la différence de notre humoriste, Lord Byron affirme qu’on devrait remplacer le doute par un aveu d’ignorance.
C’est qu’en effet le doute est une position intermédiaire  entre certitude et ignorance, le moment où la balance du savoir est en exact équilibre entre ces deux extrêmes, les plateaux oscillant sans cesse entre pencher d’un coté et puis de l’autre. Byron démystifie le doute : pour lui l’action de douter ne se borne pas à produire le doute lui-même, car elle nous engage dans l’illusion qu’on pourra savoir ce qu’on fait sur terre – et même qu’on le saura un jour… tout au fond de nous, ce doute ne résulte pas d’une incertitude, car il n’est en réalité qu’un effort pour rester dans l’espérance que quelque chose viendra un jour pour nous révéler ce qui se cache derrière le rideau.


Byron laisse entendre qu'avec un peu de courage, on délaisserait le confortable écran du doute, et on pourrait alors arriver à une certitude : celle que rien ne nous est caché, parce que derrière le rideau, il n'y a rien. Car si vraiment rien ne vient me dire pourquoi je suis sur terre, ne devrais-je pas conclure que mon existence est absurde – entendez sans aucune justification – et que ma disparition ne changera rien du tout.

Monday, August 29, 2016

Citation du 30 aout 2016

La société n'est qu'un jeu où chacun a un but séparé, des intérêts à part, un plan à faire réussir.
Lord Byron (1788-1824)
Voilà une citation qui répond bien à ce qu’on pensait  à l’époque : la société n’est qu’un agrégat d’individus, réunis par un lien qu’ils ont volontairement contracté – à moins qu’ils ne l’aient  subi. C’est ainsi que les adeptes du Contrat social imaginent des hommes dispersés dans la nature, se réunissant en faisant un pacte – un peu comme les pèlerins du Mayflower à supposer qu’ils n’aient jamais vécus en société auparavant (1). Quant aux autres, ils ne font société qu’en raison de la violence d’un maitre, comme le troupeau réuni par le berger.

Contre cela, les sciences sociales ont mis en relief le fait que les individus ne sont que des éléments détachés d’une population et que si ces individus sont différents les uns des autres, ce n’est qu’en raison de qualités tout à fait secondes. Basiquement, on peut dire que, qu’on soit un clochard ou un roi, les corps sont faits de la même façon et en cas de compatibilité tissulaire, le cœur du premier peut être greffé dans la poitrine du second…

Maintenant, Byron évoque les besoins : selon lui, la société résulte des besoins individuels dont elle est la somme ; son rôle est de permettre la satisfaction des besoins et d’imposer la paix entre les hommes – étant entendu (comme l’a montré Hobbes) que sans la violence du pouvoir la lutte pour la satisfaction des besoins entrainerait la destruction de la société entière.
Mais depuis Durkheim on sait que la société aussi a ses propres besoins. Si comme le suppose le sociologue la société est un organisme existant en dehors des individus alors elle a aussi des besoins que les individus ne connaissent pas – ou ne reconnaissent pas. Dès lors il faut admettre qu’elle impose leur satisfaction par des tendances fondamentales qui se manifestent dans les individus mais qui en réalité ont surtout pour fonction la satisfaction de nécessités vitales pour la société. Ainsi du besoin de justice ou d’égalité entre les individus : ce ne sont pas seulement des revendications individuelles, c'est aussi ce sans quoi la société fonctionnerait moins bien en raison des conflits qu’on ne pourrait plus éviter.
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(1) Il s’agit du Mayflower Compact.
(2) Cf. une excellente analyse du sujet à lire ici.

Thursday, December 05, 2013

Citation du 6 décembre 2013



Oh ! – excepté celui dont le cœur l'a éprouvé, et a bondi triomphant sur les vastes ondes, qui peut dire le sentiment plein d’exaltation et le jeu délirant du pouls, qui font tressaillir l'homme errant sur cette voie sans bornes et sans traces ?
Lord Byron – Le corsaire, chant I
Traces I
J’ai déjà évoqué l’angoisse du triste héros de Fritz Lang – M le maudit – qui cherche à traverser la vie en effaçant ses propres traces, pour n’en laisser aucune.
Mais, comment effacer ses propres traces ?
Peut-être n’y a-t-il rien de spécial à faire car, comme le supposait Derrida (voir ici), le propre de la trace c’est justement d’être effaçable. De plus, la vie est superposition permanente de traces nouvelles et pour reprendre l’image d’Aragon (ici), nous sommes comme le voyageur qui laisse trainer son manteau derrière lui pour effacer la trace de ses pas en la dissimulant sous la trace du manteau.
Toutefois, le meilleur moyen de ne pas laisser de traces, c’est encore de ne pas en faire.
            - Par exemple en menant une vie végétative, de sorte qu’après notre mort, personne ne s’apercevrait qu’on ne vivrait plus, comme ces vieux qu’on découvre dans leur appartement, longtemps après leur mort, parce qu’ils n’ont pas payé leur électricité depuis plus d’un an.
            - Pas très joyeux ? Bon : on peut, à l’opposé, passer si vite qu’on n’aurait même pas le temps de faire une trace à laisser derrière nous : vivre comme si on était un météore. Dans ce cas, il faut faire comme le corsaire de Byron : bondir sur la vague, n’ayant pour borne que l’horizon. Ou plus prosaïquement, surfer sur la vie comme sur la vague, l’effleurer à peine pour ne laisser qu’un infime sillage qui se referme immédiatement, alors même qu’on est déjà parti ailleurs.
Just like a rolling stone (à écouter ici)
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N.B.  On aura reconnu la métaphysique de l'effleurement, mouvement philosophique fondé par moi-même - et connu seulement de moi-même - qui fait de l'existence qui passe sans laisser de traces le principe de la bonne vie. Voir ici. 



Thursday, September 06, 2012

Citation du 7 septembre 2012



But words are things, and a small drop of ink, / Falling like dew, upon a thought, produces / That which makes thousands, perhaps millions, think. [Mais les mots sont des objets, et une simple goutte d'encre / Tombant telle la rosée, sur une pensée, produit / Ce qui fera réfléchir des milliers, voire des millions.]
Lord Byron
Je le dis fréquemment : N’ayons pas peur des mots !
… Mais ce n’est pas une raison pour les utiliser n’importe comment et à l’occasion de n’importe quoi. Car, comme le dit Byron, ils ont autant, voire même plus, de pouvoir qu’un objet matériel.
1 – Oui, plus de pouvoir, parce qu’alors qu’un objet matériel n’agit que sur un autre objet matériel (le marteau sur le vase en cristal), il ne peut rien sur ce que les hommes produisent de plus précieux : leurs pensées. Or, les mots, eux, le peuvent – et même ils sont sans doute les plus efficaces pour cela (1).
2 – L’étonnant pouvoir des mots vient aussi de la disproportion qui existe entre leur réalité matérielle (la petite goutte d’encre), et leur effet (faire réfléchir des millions d’hommes). Ce qui fait qu’on doit faire très attention à ce qu’on dit – ou plutôt à ce qu’on écrit, car il est notable que Byron s’attache au mot écrit et non au mot proféré.
3 – En effet, il s’agit de bien contrôler les mots que nous produisons pour en mesurer l’effet. Nous évoquions récemment le langage diplomatique : c’est un langage qui, même quand il est « parlé » semble « écrit ». L’écrit quant à lui peut-être médité, corrigé, éventuellement adapté en fonction des réactions. Je pense à Descartes qui distribue ses Méditations aux plus grands esprits de son temps, avant de publier (2).
4 – Mais quand même : cette interprétation de Byron me parait pécher par excès d’optimisme : si un mot produit des millions de pensées, comment pourrais-je les anticiper et vérifier leur accord avec mes intentions ?
5 – Et puis, l’essentiel est qu’en effet on ne peut vraiment pas deviner ce que nos paroles peuvent produire dans l’esprit des gens, simplement parce que ça n’existait pas avant – ni dans leur esprit, ni dans le nôtre.
C’est ça le véritable pouvoir des mots.
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(1) Je dis « les plus efficaces » et non pas « les seuls efficaces », pour préserver le pouvoir de l’image.
(2) Reste que, quand même, il n’a pas changé un mot de son texte, mais qu’il a ajouté à la fin des Réponses aux objections.

Monday, August 01, 2011

Citation du 2 aout 2011

Le vin console les tristes, rajeunit les vieux, inspire les jeunes, soulage les déprimés du poids de leurs soucis.

Lord Byron

Voilà donc, pour ceux que mon Post d’hier aurait assombri, un rayon de soleil : le vin, qui comme l’élixir des charlatans est capable de tout guérir, va leur rendre la joie, la jeunesse, la légèreté de l’âme. Débouchez une bonne bouteille, versez-vous un grand verre et après avoir puisé dans ce breuvage une humeur bienveillante, lisez ce qui suit.

Le vin, comment ça marche ? Je veux dire : quel est l’effet du vin sur l’organisme et sur la psychologie humaine, pour que tous ces miracles se produisent ? Comment cela est-il possible ?

Là, je l’avoue, je sèche ; et comme mes lecteurs assidus le savent, je n’ai pas l’habitude de prétendre savoir quand je ne sais pas. Mais ce que je sais par contre c’est trouver la question voisine à laquelle je saurai répondre (1) – et cette question c’est : qu’est-ce que la tristesse, qu’est-ce que la vieillesse, d’où vient le manque d’inspiration, qu’est-ce que la dépression, pour que tout cela soit soulagé par le vin ?

--> Et là on peut aventurer une réponse : nous savons au moins que si le vin nous débarrasse de tout ça, ça veut dire que ça ne dépend que de nous, de notre corps, de notre esprit, de ce qu’on veut, mais en tout cas, pas de la réalité, pas du monde, pas des choses matérielles.

Vous voulez un exemple ? Supposez que je vous dise : Votre cancer sera guéri à condition de boire un petit verre de Côtes du Rhône chaque matin – à jeun. Vous hausserez les épaules et vous me demanderez d’être un peu sérieux.

Mais supposez que je vous dise : vous êtes angoissé par la peur de la maladie et par l’imminence de la mort qu’elle évoque ? Buvez un petit verre de vin, et ça vous passera. Là, même si vous refusez ce genre de thérapie, vous admettrez au moins que c’est possible.

Certains diront que le vin c’est de l’alcool, et que comme tel il porte en lui le risque de violence et d’hébétude. Ne dit-on pas que certains ont le vin mauvais ? Comme si c’était le vin qui était mauvais ! Il n’y a pas de mauvais vin, il n’y a que des mauvais buveurs.

En réalité c’est dans le vin que les sages de l’antiquité ont puisé leur enseignement de la sagesse, qu’ils ont résumé dans la formule : Rien de trop (2) – leur formule initiale devient aujourd’hui : Buvez avec modération !

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(1) Les philosophes à défaut de savoir répondre aux questions qu’on leur pose, savent les déplacer pour qu’elles soient plus pertinentes. La philosophie est une entreprise de déménagement de questions.

(2) Medèn ágan : Rien de trop. Maxime inscrite sur le temple de Delphes incite les hommes à garder la juste mesure en toute choses. Ne quid nimis.

Friday, May 30, 2008

Citation du 31 mai 2008

Quand nous enlevons la vie aux hommes, nous ne savons ni ce que nous leur enlevons, ni ce que nous leur donnons.

Lord Byron Sardanapale

Cette affirmation devrait faire réfléchir ceux qui soutiennent que la peine de mort est la seule acceptable dans des cas des crimes les plus odieux (1).

On raconte (je crois que c’est Michel Foucault) qu’autre fois, lorsqu’on rouait un criminel, on l’étranglait au bout d’un certain nombre d’heures d’agonie, pour que son âme ne désespère pas de Dieu. Autrement dit on ne voulait pas être responsable de sa damnation ; on savait qu’on lui retirait la vie, mais on ne voulait pas être responsable de lui donner l’enfer.

Personne ne sait ce qu’est exactement la mort, pas plus qu’on ne sait ce qu’il y a après elle : elle est « métempirique » comme disait Jankélévitch – entendez qu’elle est au-delà de toute expérience possible.

Que nous soyons si friands de récits de gens qui sont revenus de l’au-delà de la mort pour nous raconter la belle lumière qu’ils ont vue, et la corde d’argent qui les reliait à leur corps, montre à mon avis qu’on ne se résignera jamais à admettre notre ignorance. Ignorance radicale, parce qu’elle n’est pas simplement le fait de ne pas savoir ce qui se cache sous le voile ; elle est aussi de savoir s’il y a quelque chose de caché.

Redescendons de ces cimes – ou plutôt : remontons de ces abîmes. Car Byron commence en parlant d’autre chose : « Quand nous enlevons la vie aux hommes, nous ne savons [pas] ce que nous leur enlevons ». Car qu’est-ce que la vie qu’on leur prend ? Quand Socrate a bu la ciguë, il avait 71 ans : ce n’est pas la même chose que s’il avait eu 21 ans. Supposez que le suicidé qui se manque soit condamné comme un criminel à la peine capitale : peine absurde puisqu’on lui infligerait ce qu’il voulait se faire à lui-même. En tout cas, la vie qu’on lui prendrait n’aurait pas grande valeur pour lui.

La vie n’a pas une valeur prédéfinie, ni mesurable : lorsqu’on inflige la peine capitale à un homme, il faut admettre que lui seul pourrait connaître le poids de cette peine.

Mais remarquez que c’est la même chose pour la privation de liberté : en vous privant de liberté, de quoi vous prive-t-on ? Supposez que dans votre cellule on vous laisse la télé ?

(1) Inutile de citer la cas de l’affaire Fourniret, sauf pour observer que le rétablissement de la peine de mort en France pour un tel cas n’a pas été évoqué : peut-être que les fanatiques de la guillotine se sont lassés…

Wednesday, April 04, 2007

Citation du 5 avril 2007

Il y a de la musique dans le soupir du roseau ; Il y a de la musique dans le bouillonnement du ruisseau ; Il y a de la musique en toutes choses, si les hommes pouvaient l'entendre.

Lord Byron

Il y a de la musique seulement si les hommes peuvent l’entendre.

Quel est le mode d’existence de la musique ? Où existe-t-elle ? Dans l’oreille ? Dans la sensibilité du mélomane ? Dans les signes typographiques qui l’impriment sur du papier ?

Questions oiseuses ? Et pourtant depuis longtemps on se pose ces questions. Déjà Bergson (1) soulignait que la mélodie n’est pas une addition de notes, mais l’ensemble constitué par leur succession, c’est un changement sans rien qui bouge, une succession inanalysable. Changez une seule note de la mélodie : ce n’est plus la même. Changez la durée d’une seule note : la mélodie change. Changez le phrasé : vous n’entendez plus la même mélodie. C’est ça que les mélomanes ont du mal à faire comprendre : pour eux les diverses interprétations de la même composition renouvellent toute l’œuvre musicale, tout autant que la nouvelle improvisation de jazzman renouvelle le thème.

La musique n’existe pas simplement dans la partition musicale, d’où l’inutilité des interrogations sur l’authenticité de l’exécution d’une œuvre du passé. Jouer Mozart sur la piano de Mozart, en consultant son manuscrit : très beau. Mais prétendre qu’on joue comme Mozart voulait qu’on le joue : on ne le saura jamais (2).

Alors, la musique, si elle n’est pas sur la page imprimée, où est-elle ? Dans le gosier qui la chante ? Dans l’oreille qui l’entend ? On raconte que les ethnologues ont fait l’expérience de faire entendre à des indigènes (d’Amazonie je crois) des œuvres musicales occidentales : ils n’ont absolument pas réagi, sauf à Mozart. Le divin Amadeus… Moi qui ai horreur des vaches sacrées, je n’en crois rien. La musique n’existe que reliée à une attente, même et surtout si elle doit s’en écarter, innover par rapport à elle. Elle est solidaire d’une culture, d’une histoire, et, à l’intérieur de ça, elle est solidaire d’une action : exécution, écoute…

Là dessus ne me demandez pas en plus quelles sont les limites de la musique : les variations pour une porte et un soupir, c’est de la musique ? (3)

Et les Fatals Picards, ils font de la musique ?

Hein ? Vous êtes sourd… Bon, ça va.


(1) Bergson, la perception du changement, in la pensée et le mouvantconsulter ici : c’est la 2ème conférence, p. 105)

(2) Vous imaginez, Gustav Leonhardt qui joue les Goldberg sur son clavecin, et Bach qui sort de terre pour le traiter d’âne…

(3) Voir ici


Thursday, November 23, 2006

Citation du 24 novembre 2006

La haine est certainement le plus durable des plaisirs : on se presse d'aimer, on déteste à loisir.

Lord Byron Le pèlerinage du chevalier Harold

On raisonne à perte de vue sur l’amour ; on oublie la haine. Et pourtant si rien n’est plus fugace que l’amour, rien n’est plus durable que la haine. Si la philosophie consiste à s’étonner de ce qui n’étonne personne, alors nous avons là de quoi commencer à philosopher…

En fait on se détourne de la haine, on n’en parle pas, on n’y « pense » pas, parce que c’est « vilain » de haïr ; notre culture chrétienne nous a appris que la haine était un péché, que nous devions éprouver de l’amour pour notre prochain, aimer jusqu’à nos ennemis.

Je ne crois pas me tromper en disant que Nietzsche est sans doute le seul philosophe qui ait donné un statut véritable à la haine : pour lui, son sens varie avec la force qui l’habite. La haine est alors un révélateur de la nature humaine : dis-moi comment tu hais ; je te dirai qui tu es (sans jeu de mot pour une fois). Sous une forme agressive, la haine est une force vitale, celle qui habite le « maître » (1) : elle est un excitant de la vie. Lorsqu’elle est rancœur morbide, elle devient haine de la vitalité ; Nietzsche l’attribue alors à « l’esclave » (1), celui dont la faiblesse produit cette rumination stérile, l’homme qui n’en finit jamais. Voilà donc la haine telle que nous la décrit Lord Byron.

Pourtant, il dit quelque chose de plus : la haine n’est pas seulement durable ; elle est le plus durable des plaisirs. On aimerait croire qu’il se trompe. Encore un effet de notre éducation chrétienne : le plaisir de haïr, ça existe. Vous ne me croyez pas ? La délectation de la médisance, ça vous dit quelque chose ? Le plaisir secret de voir l’ami - oui : l’ami ! - échouer ou connaître un malheur, ça, vous ne connaissez pas ? Comment ? Le malheur de l’ami est l’occasion de l’aider, votre bonheur c’est de lui prouver ainsi votre amitié ? Dit comme ça, c’est en effet plus présentable…

Deviendrais-je misanthrope avec l’âge ?

(1) Maître et esclave sont chez Nietzsche plus des concepts que des statuts sociaux. Sachant que les forces antagonistes que nous évoquons plus haut coexistent en chacun, on dira que le terme de « maître » désigne celui qui a su dompter en lui les forces réactives, et l’esclave est celui qui ne l’a pas fait. Voir message du 17 aout