Monday, February 20, 2017
Citation du 21 février 2017
Saturday, February 18, 2017
Citation du 19 février 2017
-[L'obj. désigne des membres de la famille naturelle]… (CTRL)
Wednesday, October 05, 2016
Citation du 6 octobre 2016
Tuesday, February 21, 2012
Citation du 22 février 2012
Mais qu'est-ce que c'est, la Nature?
Cette entité, à laquelle se réfèrent les esprits rationalistes pour expliquer l'inexplicable, ressemble beaucoup à un dieu auquel on n'ose pas dire son nom, et qu'on a amputé de toute volonté et de tout esprit d'initiative.
René Barjavel – La faim du tigre
Cette brève citation comporte presqu’autant de préjugés que de mots. C’est d’ailleurs là son principal intérêt.
1 – La Nature, orthographiée avec une majuscule. Façon de la personnifier, et donc de la prédisposer à jouer le rôle dont on va l’affubler juste après.
2 – Cette Nature est une « entité », autrement dit elle constitue l’essence des choses.
--> Retenons ça, et puis passons à ce qui suit :
3 – Les « esprits rationalistes » : voilà le véritable pivot de cette citation, ce qui va ordonner et justifier tout ce qui suit.
Et maintenant, qu’est-ce qu’on produit avec tout ça ? Des préjugés, bien sûr !
1er préjugé : Ces esprits rationalistes sont à la fois prédisposés à nier le surnaturel, et donc à rabaisser au niveau de la « nature » tout ce qui se produit dans le monde, et en même temps ils sont bien obligés de rehausser la « Nature » au niveau d’un dieu, entité dont on dit qu’elle doit expliquer l’inexplicable.
2ème préjugé : les rationalistes veulent tout expliquer – même l’inexplicable, c’est-à-dire ce dont la caractéristique essentielle est précisément de rester pour nous un mystère.
3ème préjugé : ainsi entendue, la Nature est un dieu sans volonté, un dieu qui n’est pas personnel, mais qui pourtant forme une entité, et non un faisceau de forces disparates.
--> Autant dire que Barjavel affecte de croire que le positivisme n’a pas existé, et que l’interdit de toute prétention à connaitre l’absolu n’a jamais été prononcé. Car, lorsqu’on remplace Dieu par la nature (ce que fait par exemple Spinoza), c’est pour avoir une prise sur la cause première, et répondre ainsi à un besoin inné chez l’homme de maitriser les choses par la connaissance de leur origine.
Or, l’esprit positif consiste justement à refuser cette possibilité, et à ne connaitre que des rapports.
« […] le caractère fondamental de la philosophie positive est de regarder tous les phénomènes comme assujettis à des lois naturelles invariables, dont la découverte précise et la réduction au moindre nombre possible sont le but de tous nos efforts, en considérant comme absolument inaccessible et vide de sens pour nous la recherche de ce qu’on appelle les causes, soit premières, soit finales. » Auguste Comte, Cours de philosophie positive, leçon 1, 1830
Pour le dire en un mot, Barjavel en est resté à l’esprit métaphysique, et il se plaint qu’on n’en soit pas restés à l’esprit théologique, affectant d’ignorer qu’il existe aussi l’esprit positif.
Sunday, October 15, 2006
Citation du 16 octobre 2006
Chaque fleur est un sexe, y avez-vous pensé quand vous respirez une rose ?
René Barjavel
Mignonne, allons voir si la rose… Dégoûtant ! Barjavel est dégoûtant. Il nous gâche tout notre plaisir, il souille la poésie la plus pure. Il faudrait interdire à un type comme ça de publier ces cochonneries.
Voyez comme notre imagination a un pouvoir total sur nos pensées. Il suffit qu’on imagine la réalité sous un angle qui nous dégoûte et aussitôt nous ne la supportons plus : la réalité n’est rien d’autre que notre représentation.
Alors, jouons avec elle. Ne pourrait-on pas à l’inverse l’utiliser pour rendre aimable ce qui normalement nous rebute ou nous dégoûte ? Qu’à chaque fois que nous voyons ce qui nous choque, nous ne pensions au contraire qu’à quelque chose d’agréable ? Bien entendu, vous avez deviné où je cherche à vous mener : vers la publicité qui a pour unique ressort de rendre désirable ce qui ne l’est pas, voire même de nous faire rêver de ce qui nous effraie. Quelques exemples vaudront mieux qu’un long discours.
- D’abord tout ce qui concerne les excréments. Pouah ! Comment faire de la publicité pour un laxatif ou un diurétique ? Et pourtant… Voyez Fuca, « laxatif de courte durée » : c’est le prototype de la pub qui axe tout sur la femme (1) et qui « vend » le bien-être et la minceur…Dans une ambiance de rêve. Coluche en avait fait un sketch bien « senti »… Alors, c’est vrai, la pub Fuca a déjà quelques années. Mais peut-être reviendra-t-elle ? On écrira alors « Fucka » pour être au goût du jour. Autre chose ? Contrexéville, le partenaire minceur : inutile de raconter la pub, tout le monde connaît. Et pourtant, que fait l’eau de Contrexéville ? Elle fait pisser. Point final.
- Vous voulez pire ? La mort, ça vous va ? Il y aurait un commentaire entier à faire sur la jolie colombe qui s’envole, sur fond de lagon vers un horizon d’azur bleu (parfois : mauve), et qui orne les publicités des Pompes funèbres. Ça donne envie de passer tout de suite un contrat d’obsèques, non pas pour dispenser de cette obligation nos héritiers éplorés, mais pour jouir de notre vivant des rêves d’au-delà concoctés par les marchands de funérailles…
Barjavel, il aurait pu faire carrière dans la pub, voilà tout.
Au fait, qui c’était, Barjavel ? (2)
(1) Pourquoi les femmes sont-elle la cible privilégiée des marchands de laxatifs ? Merci de me donner votre avis là-dessus.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Barjavel