Showing posts with label ¤ Aristophane. Show all posts
Showing posts with label ¤ Aristophane. Show all posts

Wednesday, May 24, 2017

Citation du 25 mai 2017

Première vieille : Les femmes ont décrété que, si un jeune homme convoite une jeune fille, il ne pourra jouir d'elle avant d'avoir commencé par faire la chose avec une vieille ; et, s'il ne veut pas d'abord prendre ce plaisir, et s'il convoite la jeune fille, les vieilles femmes auront le droit de le prendre et de le traîner par l'endroit sensible.  
Aristophane – L'assemblée des femmes




Parité.
Nous l’avons vu hier : chez Aristophane les femmes savent prendre le pouvoir, particulièrement quand la sexualité est en cause. Ainsi de ces  vieilles femmes qui, sans doute faute de plaire aux jeunes hommes et de trouver des vieux en état de fonctionner, mettent en place le principe du pack : qui voudra prendre une jeune femme devra prendre une vieille avec. Et pour sanction, s’il refuse, d’être outragé dans ses parties viriles.
On remarque aussi tôt que la différence entre femmes et hommes tient dans la puissance sexuelle : les femmes âgées sont encore en demande de sexe, alors que les hommes de leur âge sont impuissants à les satisfaire. Situation d’autant plus remarquable que, dans le même temps, les hommes restent (relativement) féconds alors que les femmes sont devenues stériles. Preuve, s’il en fallait, que le désir sexuel n’est pas lié à la procréation.
Mais preuve aussi que la sagesse qui s’exprime dans la vieillesse des femmes consiste à enregistrer ce fait : elles ne peuvent pas rivaliser avec les minettes qui, sur les dancefloors d’Ibiza obligent les cougars à danser toutes seules et à rentrer sans personne avec elles dans leur chambre d’hôtel. Et que, pour contrer cet effet désastreux de l’âge, la contrainte est la seule solution.
Du coup, nous prendrons acte qu’il s’agit-là d’une injustice et nous affirmerons que l’Etat devra veiller à rétablir l’équilibre en instituant pour les mariages des lots de femmes : 1 jeune + 1 vieille.
Une nouvelle forme de parité. –

Tuesday, May 23, 2017

Citation du 24 mai 2017

Si nous nous dérobions à nos maris, au lieu de nous livrer, quand ils sont en érection, et brûlants de désir, ils feraient vite la trêve, je le sais bien.
Aristophane – Lysistrata
Malheureux, tu te ronges le sang pour avoir été frustré ! J'ai bien pitié de toi, hélas ! Car quels reins pourraient y tenir ? Quelle âme ? Quels testicules ? Quels flancs ? Quel braquemart tendu, privé des amours du matin ?
Aristophane – Lysistrata
 Il n'y a jamais de véritable volupté pour l'homme, si la femme ne la partage.
Aristophane – Lysistrata
On dit que Lysistrata est une comédie. Formellement, certes. Mais pour qui veut bien la lire au premier degré, c’est une tragédie. Oh ! Certes, pas au sens antique – mais, voyez plutôt : les femmes, sous l’impulsion de Lysistrata, ont décidé pour faire pression sur les hommes de se refuser à eux quand le besoin génésique s’éveille en eux. Ceux-ci en effet éprouvent très vite les effets de la continence sexuelle : privés des amours du matin (oui, chez les grecs de l’époque, on faisait crac-crac le matin) les voici embarrassés d’un encombrant braquemart (1), de testicules qui gonflent à en éclater, de crampes dans les reins. Sans parler du désir effréné qui obsède leur esprit.
Ils sont hommes dira-t-on, donc plus fort que les femmes : que n’en profitent-ils pour les forcer à écarter ces genoux qu’elles s’obstinent à tenir serrés ? Que ne les violent-ils pas ? – Après tout entre mari et femmes ce ne devait pas être un crime à l’époque.
Seulement voilà : il n'y a jamais de véritable volupté pour l'homme, si la femme ne la partage.
Sans le désir féminin, l’acte viril n’est rien d’autre qu’une sorte de masturbation et le fait que ça se déverse dans « le vase féminin » n’y change rien.
Le piège se referme : Lysistrata le sait. Les femmes ont le pouvoir de priver les hommes de jouissance sexuelle parce que décidément, le sexe ça se fait à deux, et que pour se trouver dans cette situation la simple copulation physiologique ne suffit pas. Le viol dans la mesure où il apporte une véritable jouissance à celui qui le commet n’est pas un acte sexuel. Il est une forme de meurtre au ralenti qui apporte au meurtrier le plaisir d’opprimer de faire souffrir et de détruire peu à peu un être humain.
-------------------
(1) Braquemart – subst. masc.
 Épée courte à large et lourde lame
− P. anal, lang. pop.  Membre viril : « Dérouiller son braquemard. » : Forniquer (CNTRL)

Monday, May 22, 2017

Citation du 23 mai 2017

Il faut être rameur avant de tenir le gouvernail, avoir gardé la proue et observé les vents avant de gouverner soi-même le navire.
Aristophane
Ah !... L’expérience ! Depuis toujours elle a été l’objet de discussions et de contestations : les uns pour dire, comme Aristophane, qu’il faut avoir franchi toutes les étapes du processus de production pour prétendre commander ensuite ; les autres affirment qu’à faire cela on n’arrive au commandement que lorsqu’on est vieux et qu’on a perdu l’indispensable enthousiasme de la jeunesse.
Comme on le sait, la vie politique française vient de rencontrer ce dilemme,  avec l’élection d’un Jeune-Président qui n’a du gouvernement que peu d’expérience et du labeur politique aucun. Un blanc-bec sans expérience, qui à moins de 40 ans prétend commander des vieux routiers de la politique ? Et siéger dans des congrès internationaux ? Et parler d’égal à égal avec les grands de ce monde ? Fi donc !
Jamais rameur ; jamais vigie et pourtant déjà capitaine. Oui, telle est l’aventure de notre Jeune-Président. Et croyez-vous qu’on lui ait jeté cette inexpérience dans les jambes pour arrêter sa course au pouvoir ? Pas du tout ! Rien de rien !
Jeunisme contre culte des Séniors, tel serait donc le débat qui nous aurait dû nous agiter ? Peut-être, mais comme on s’en rappelle les attaques contre notre Jeune-Homme ont été bien différentes : au lieu de lui reprocher son manque d’expérience, c’est au contraire une trop grande expérience qu’on lui a reprochée. Seulement c’est de l’expérience de la banque qu’il s’agissait. On a dénoncé en lui le Banquier qui a été durant 2 ans chez Rothschild, période au cours de la quelle il serait devenu le financier qui livre le pauvre peuple aux actionnaires avides de le saigner aux quatre veines.

Tout se passe comme si dans la vie d’un homme il n’y avait place que pour une seule expérience formatrice : une fois passé par là, tout se referme et pour toujours vous êtes ce qu’on a fait de vous. Faites bien attention : si vous commencé à gagner votre vie en étant hôtesse chez McDo ou livreur chez DHL, alors vous le serez à  jamais quelques soient vos métiers futurs.

Wednesday, August 24, 2016

Citation du 25 aout 2016

Former les hommes, ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer un feu.
Aristophane
Voilà bientôt la rentrée scolaire, non seulement celle des élèves, mais aussi celle des enseignants – y compris ceux qui font leur première rentrée, je veux parler des néo-promus.

- Inutile, chers professeurs, vous qui peaufinez vos premiers cours, de chercher le bourrage de crâne ; cherchez plutôt la motivation. Mo-ti-vez vos élèves, et vous verrez que c’est beaucoup plus facile après. Moi qui vous parle, j’ai été dans une vie antérieure prof de philo. Eh bien, je savais que j’avais une petite semaine pour répondre aux élèves qui demandaient « A quoi ça sert, la philo ? » de façon motivante (1). D’ailleurs ce n’est pas pour rien que beaucoup de collègues commençaient l’année en fourrant leurs jeunes élèves au fond de la caverne (celle de Platon) et en leur promettant que s’ils écoutaient bien ils parviendraient à en sortir.
Alors, c’est Aristophane qui a raison ? Oui, bien sûr et les IUFM (2) sont remplis de gens très malins qui savent comment allumer ce feu… Sauf que… Sauf que les élèves ne sont pas des petits animaux réagissant mécaniquement à des stimuli. Beaucoup sont capable de sentir brûler le feu dont parle Aristophane, mais le pyromane est parfois quelqu’un – ou quelque chose – de bien imprévisible. Parfois il s’agit d’une petite idée qui fait tilt dans le cerveau et qui allume l’incendie. Parfois même il s’agit d’une circonstance tout à fait extérieure à la volonté du prof, mais qui vient à son secours.
Il suffira d’une étincelle pour allumer le feu !


------------------------------
(1) Il est vrai que quand ça marchait, ça risquait d’être remis en cause avec la première note de dissertation.

(2) Mise à jour : il s’agit des ESPE (Ecoles Supérieures du Professorat et de l'Education).

Tuesday, August 23, 2016

Citation du 24 aout 2016

TRYGÉE : Ça ne sert à rien, mes amis, d'avoir des dents blanches, si l'on n'a rien à se mettre dessous. 
Aristophane – La Paix
A quoi servent les dents ? A manger – oui, bien sûr, mais pas seulement. Elles sont là pour être montrées – même si selon Aristophane, c’est secondaire.
Avoir les dents blanches, ce n’est pas seulement pour soi ; c’est aussi pour les autres, ceux à qui on les montre. Et l’originalité de l’espèce humaine, ce n’est pas de montrer les dents seulement pour faire peur – parce que là, on se moquerait qu’elles soient blanches ou jaunes, il suffirait qu’elles aient l’air solides. Mais il arrive aussi que les être humains montrent leurs dents pour charmer, dans le sourire. – et là, leur aspect est important.
D’ailleurs, le quel de ces deux sourires est-il le plus avenant ?

 
Le rire est peut-être le propre de l’homme, mais le sourire l’est également. Ça c’est sûr…

Bon, mais je sens chez vous, chers lecteurs, une certaine insatisfaction : « Quoi, lisons-nous ce Blog pour trouver de pareilles fadaises ? Etre philosophe, ça sert seulement à ça ? Que de temps perdu ! »

Un peu de patience, chers amis, j’y viens : Aristophane a mille fois raison, et je crois qu’on aurait tort de l’oublier. Supposons que le sourire de gauche soit celui d’un mineur bolivien ou d’un paysan philippin ; imaginons que, par miracle, son sourire laisse voir une rangée impeccable de dents blanches. Mais qu’est-ce que ça changerait ? Peut-il supporter le travail épuisant de la mine sans mâcher des heures durant des feuilles de coca (mauvais pour les dents-blanches) ? A-t-il de quoi se nourrir suffisamment ? Quelle est son espérance de vie ? Quand les hommes sont obligés pour vivre de travailler durement toute la journée, sont ils autre chose que des animaux attelés à la quête de nourriture ? Avant de se soucier de savoir quelle est la couleur des dents demandons-nous ce qu’on a à se mettre dessous.

Sunday, January 03, 2016

Citation du 4 janvier 2016

La satire contre les méchants n'a rien d'odieux ; elle est, aux yeux de tout homme sage, un hommage à la vertu.
Aristophane – Les cavaliers
J’ai pris grand soin de ne pas tourner en dérision les actions humaines, de ne pas les déplorer ni les maudire, mais de les comprendre.
Spinoza – Traité de l'autorité politique ch. 1, § 4 (cité le 29-04-2006)
Critiquer le vice ou bien l’expliquer : deux thèses qu’en apparence tout oppose, mais qui au fond traitent du même sujet : la tolérance.
1 – Faut-il s’abstenir de critiquer le vice ? Ne juger de rien sous prétexte que nous pourrions blesser ceux que nous blâmons ? Après tout, que nous importe ? On se rappelle cette phrase d’Audiard : « Je ne parle pas aux cons, ça les instruits ».  Laissant de côté cette formule méprisante, remarquons qu’on peut fort bien ne pas prendre en charge le rôle de redresseur de torts, ni de donneur de leçons. En revanche, il est plus difficile de refuser de faire justice de l’injure envers la vertu, parce que cette dernière exige que soient empêchées les offenses dont elle est l’objet.
2 – On a toutefois encore une incertitude : expliquer la méchanceté humaine par des carences personnelles liées à l’éducation reçue, ou encore attribuer à une triste histoire collective l’attitude haineuse envers une communauté voisine, est-ce déjà excuser ? Celui qui l’explique se prive-t-il des armes de la punition ? « A quoi bon châtier mon client, messieurs les juges ? Les souffrances endurées pendant son enfance sont seules responsables du crime qu’il a commis. En le punissant vous vous tromperiez de cible. » Là dessus les juristes ont de longue date élaboré la doctrine de l’imputabilité de l’acte (1) – donc de la faute. Mais nous ferions bien d’y réfléchir avant d’agir : mon vice est-il un acte que j’ai voulu ? Si je n’y peux plus rien aujourd’hui, l’ai-je recherché, ou simplement permis au début ? Qui suis-je ? Un esclave ? Un robot ? Ou bien suis-je malgré tout un sujet qui a juste ou tout petit peu oublié qu’il était responsable ?
---------------------------------------

(1) « L'imputabilité d'un fait dommageable à quelqu'un est le caractère de ce qui peut être regardé comme une faute de la part d'une personne, et en raison de ce que ce fait illégal, procède d'une volonté libre et consciente. Ce fait est mis à sa charge en raison de ce qu'il provient bien de sa part et non pas d'une cause étrangère constitutive d'un cas de force majeure ou du fait d'un tiers. » (Art. Wiki)

Friday, January 01, 2016

Citation du 2 janvier 2016

N'avoir plus que le poil et les cornes.
Aristophane – Les Oiseaux (414 av. J.-C.), 901-902
Il y a cent à parier contre un, que le premier qui porta des sabots était un homme punissable, à moins qu'il n'eut mal aux pieds
Jean-Jacques Rousseau – Dernière réponse à M. Bordes
(avril 1752, à Genève à propos du Discours sur les sciences et les arts)

L’homme qui ne disposerait comme l’animal que des moyens dont la nature l’a doté pour faire face aux difficultés de la vie serait dans le plus grand dénuement imaginable. Telle est l’idée que nous avons habituellement, telle est aussi celle que suggérait Lévi-Strauss en publiant dans Tristes topiques cette photo :
Femmes nambikwaras
Dénuement. – État de (ce) qui est dépouillé des biens matériels, des choses nécessaires ou considérées comme nécessaires à la vie. (Définition CNRTL – A lire ici)

De ce point de vue, certes cette femme et son enfant semblent être dans le plus grand dénuement. Qu’est-ce qui manque à cette femme avec son petit enfant ? Elle n’a pas même de natte sur la quelle coucher ; ni d’oreiller remplacé par son bras replié – toutefois, cela l’empêche-t-il de dormir ? Sommes-nous plus dispos qu’elle pour avoir dormi sur un matelas à mémoire de forme ? Quant à son enfant, serait-il plus malheureux que les nôtres pour n’avoir comme doudou que le sein de sa mère ? A cette question, Rousseau répond non, et il en appelle pour cela à Socrate. Mais nous, nous serions prêt à traduire en justice quiconque traiterait son enfant comme cela. Quel parti adopter ?
- Aristophane le disait : pour vivre l’homme a besoin du support de ses créations culturelles. De ce point de vue, les sabots (de bois) sont nécessaires, de même que l’art de tisser et de faire du feu. C’est que le dénuement apparaît comme étant radicalement lié à la nature humaine. L’homme est arrivé sur terre sans aucun des moyens de survie donnés par la nature : rien, pas même des cornes, ni des poils. Tel est le sens du mythe de Prométhée (1).
- Du coup, nous devrions dire ceci : oui, pour survivre, l’homme doit absolument inventer ce que la nature originelle aurait dû lui donner pour que l’espèce humaine soit viable.
Mais il faut savoir aussi limiter ces inventions : elles devraient juste compenser ce que la nature a donné aux animaux et qu’elle a refusé aux hommes. Ainsi, le véritable dénuement apparaitrait lorsque la faim et le froid font périr les êtres humains dépourvus de poils et de cornes. Mais il disparaît dès que les besoins vitaux que les animaux savent satisfaire sont soulagés grâce aux inventions humaines.  
-----------------------------------

(1) Platon – Protagoras, 320-321a. Lire ici