
Tsunamis est le quatrième roman de Michel Jean que je lis et je l’ai trouvé différent des précédents, moins tournés vers l’intime et l’émotion et plus vers l’action et le journalisme d’aventure. Non que la réflexion en soit absente, loin de là mais dans une autre tonalité. Crapahutant dans la jungle, encadrée de soldats en armes, je me suis revue soudain à vingt ans plongée dans Larteguy (lit-on encore Larteguy, je me le demande), un écrivain pourtant aux antipodes de mes idées, mais qui avec un vrai talent de conteur savait restituer cette complexité du terrain qui fait fi des obscénités de la politique pour s’intéresser aux “vrais gens”, à leur souffrance, leurs raisons, leurs histoires… Et c’est bien ce qui charme dans Tsunamis, cette façon de se pencher sur les Sri Lankais, qu’ils soient tamouls ou cinghalais, avec humanité et de voir derrière les luttes qui déchirent les hommes, les échos d’autres luttes en d’autres lieux. L’histoire elle-même est sans doute légère et la fin un peu – euh – rapide mais l’ensemble est un plaisir de lecture. Efficace !
Tsunamis – Michel Jean – 2017 – libre expression
PS : Je suis tombée par hasard sur une critique de ce roman par un journaliste – dont par compassion je tairais le nom, qui lui reprochait de manquer de sel, de sexe et de violence… j’avoue que les bras m’en sont tombés… et un journaliste encore ! mais enfin vous êtes prévenu, c’est un roman journalistique pas du racolage.
PPS : Michel Jean a vécu une partie des événements qu’il décrit, y compris l’interview d’un Tigre tamoul dans son bunker en zone controlée avant la reddition des sécessionnistes. Ceci explique sans doute l’authenticité du décor…
PPPS : Mon préféré de l’auteur reste encore et toujours Elle et nous que je ne saurais trop vous conseiller
l’avis de karine qui a aimé elle aussi
du même auteur dans ces pages…
La belle mélancolie
Elle et nous
et je m’aperçois avec horreur que je n’ai pas chroniqué Le Vent en parle encore mais karine si

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